
|
| | Du travail, toujours du travail... | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
Aaron Modo

 Age : 19 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 358 Localisation : Là où l'on se bat. Feuille de personnage Réputation:
 | Sujet: Du travail, toujours du travail... Dim 6 Juil - 20:27 | |
| La nuit n’était pas encore tombée. Mais l’orage qui éclatait au dessus de la ville recouvrait la cité d’un voile grisâtre et sordide, d’une lumière tamisée et indéfinissable. Entre nuit et jour, entre jour et nuit. Il n’était pas tard et pourtant le grand bâtiment de béton blanc avait déjà illuminé ses murs de lumières électriques pour parer à l’obscurité environnante. A l’intérieur, ça devait être pire. Heureusement que les néons avaient été inventés, pour donner une lumière froide mais vive. Utilité sans humanité. C’était bien les médecins, ça. A lui, à cet homme adossé à un arbre, cela lui convenait très bien. Il était bien comme cela, lui aussi. La pluie qui tombait à grosses gouttes sur son parapluie noir produisait un bruit assourdissant qui commençait à l’agacer. Lui, il était plutôt silence.
Pourquoi était-il en train de poireauter depuis vingt minutes sous ce grand chêne au risque de se faire électrocuter à tout moment ? Réfléchissons…Ha oui, Nathan Asklépios. Un nom pas piqué des vers, selon lui. Où était-il allé le tirer, celui-là ? Origines grecques ? Possible aussi que ce soit un faux. Mais bon, en général, lorsqu’on s’engageait dans la résistance, on donnait son vrai nom. Sauf les grands paranos. Et question paranoïa, les sales mauvaises langues diraient qu’il en connaissait un long morceau. Pour être tout à fait honnête, Aaron savait que, parfois, il allait trop loin dans la prudence vis-à-vis des autres. Mais il préférait être trop prudent que de finir au bout d’une corde. On passait certes pour un emmerdeur, mais c’était beaucoup moins long et moins contraignant que d’être mort et enterré. Enterré…dans le meilleur des cas. Parce que, dans le sien, ce serait plutôt exposé en place public.
Aaron cala le parapluie contre l’arbre et son bras et plongea le pouce et l’indexe dans la poche de sa chemise noire. Il en ressortit son paquet de clopes, en prit une et l’alluma avec son briquet qu’il prenait toujours soin de ranger dans le paquet. Il faisait chaud, c’était un simple orage d’été. Ce n’était que le début et la lourdeur de l’air l’environnait encore, presque étouffante. Bientôt l’humidité de l’air disparaitrait dans la pluie pour rejoindre l’humus de la terre et le béton de la capitale et un vent frai pourrait se frayer un passage au travers de l’atmosphère épaisse. Pas encore. Et la cigarette s’alluma facilement, dessinant un point incandescent sous l’ombre de son parapluie. Revenons-en au sujet présent. Nathan machin-chose qu’il surnommait depuis un bon moment pour lui-même Nathan le Grec. Ce type était un bon médecin et un bon résistant. Il était assez intelligent pour avoir survécut jusqu’ici et c’était une des rares recrues qui avait un âge et une expérience du monde acceptable. Malgré le fait qu’il ait une tendance à l’idéalisme, il restait pour lui quelqu’un de respectable. Et ce respect qu’il lui inspirait était produit en très grande partie car il avait soigné un bon nombre de résistants dans la mouise.
Néanmoins, ils évitaient toujours au maximum d’avoir recourt à lui. Seulement dans les cas graves. C’était excessivement dangereux, sinon. Il voulait parler au résistant de leur récent déménagement, au cas où il ne serait pas au courant. Ce changement allait aussi entrainer un surplus de blessés confiés à ses soins parce que leur camps à la campagne était beaucoup plus éloigné que celui qu’ils avaient auparavant dans la forêt…Ce qui augmenterait considérablement les risques d’infections. En plus, il devait voir quelques détails pour la fête nationale. Et il recherchait toujours Nathanaël. L’hôpital était le seul de la ville. Qu’il ait un seul problème et le chef de la résistance en serait informé. Enfin, il l’espérait, c’était ce qu’il verrait ce soir, aussi.
Il tira sur sa clope et recracha la fumée qui se perdit dans la pluie torrentielle. Son jean usé était trempé au niveau du bas des jambes et mouillait ses chaussettes, infiltrant l’humidité jusque dans ses chaussures. C’était particulièrement désagréable et pourtant, malgré le boucan environnant, il était bien là, sous cet arbre. L’herbe dégageait son agréable parfum de pelouse mouillée, il faisait moins chaud, son sac dans son dos ne pesait pas trop lourd, il était de retour dans sa ville et son urbanité natale, il avait une clope…Il n’était pas si mal. _________________
 S'il y a une justice, ce n'est pas celle de l'Empereur. |
|  | | Nathan Nouvelle recrue

Age : 19 Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 20
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Lun 7 Juil - 13:20 | |
| La porte du bureau s'ouvre, laisse passer un homme en blouse blanche. Il a l'air fatigué, comme usé par la vie, le dos légèrement vouté. Une apparence pittoresque idéale pour passer inaperçu. Jusqu'à présent il n'a jamais eu d'ennui et compte bien poursuivre dans cette direction: céder au moindre des désirs émis par sa conscience, et survivre. Survivre plus que vivre puisqu'il vit plus pour les autres que pour lui même.
Il lève la tablette face à lui. L'hôpital compte toujours autant de patients. Ce pourrait être positif, mais ce ne l'est pas. Hier un homme est mort, un jeune de 17 ans, ouvert comme un lapin du bas ventre aux poumons. Il a été tué au sein même de l'hôpital, dans sa chambre. Ce n'était pas un résistant ni un indic, mais il avait du déplaire à quelqu'un. Pas de bon client non plus, aucune chirurgie esthétique n'était inscrite au programme. Peut être les économies d'en haut s'épuisaient elles, ou plus simplement ces dames étaient déjà bien assez retouchées.
Il débouche du couloir et arrive au niveau de l'accueil du premier étage. Salut brièvement la secrétaire et jette un œil au tableau pour savoir qui ce soir est de garde. Personne de très compétent. Mais les bons doivent parfois se reposer. Nathan soupire et jette un œil à sa montre. Il a rendez vous, sans avoir vraiment fixé d'heure avec celui qu'il doit voir. Un bon emploi du temps est mauvais pour la survie. Les habitudes tuent. Il fait le tour des malades au plus mal, les autres pourrons bien attendre. Après tout les autres ne sont pas pressés. Cet hôpital sens bientôt plus la mort que les produits aseptisés.
La ronde est achevée. Il s'arrête devant une des vitres du hall du premier et regarde le ciel. Un torrent de larme du ciel, les nuages sombres exposants en milles billes brillantes. Son souffle est paisible, il ferme les yeux et écoute la pluie. Les rouvre lentement, la lumière du jour à déjà baissée. Il doit être temps. Il prend les escaliers principaux, passent dans le hall central faiblement éclairé à cette heure, salut le gardien. Un vieil homme pour l'époque, 60 ans. Les cheveux grisonnants il est rasé de près et surtout, il est sur. Il sort sa carte et la passe devant le détecteur, les panneaux vitrés s'ouvrent en un chuintement qui montre l'âge des bâtiments. Une goutte s'écrase sur son épaule, il redresse le col de sa blouse et longe le mur en direction de la fumée de cigarette.
Il passe sous le parapluie et jette un œil au jeune homme. Hochement de la tête.
" Bonsoir, j'espère ne pas trop vous avoir fait patienter. Un temps. Je vous offre un toit et des murs? "
Ce qui sous entendais également: votre venue est-elle sure? La pluie est un bon rideau mais l'on peut discuter dans une pièce sécurisée. _________________
 ¤ La pire des maladie, c'est la peur ¤ |
|  | | Aaron Modo

 Age : 19 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 358 Localisation : Là où l'on se bat. Feuille de personnage Réputation:
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Lun 7 Juil - 16:45 | |
| Enfin, les portes s’ouvraient, enfin quelque chose d’autre que les feuilles du chêne et l’herbe tranquille bougeait dans ce décor sinistre. Enfin ou plutôt déjà ? Tout est à deux penchants, rien n’a jamais été blanc ou noir. La vie n’a jamais qu’été qu’un long chemin gris dans lequel l’Homme cherche sans arrête ce qui est le mieux à faire ou même ce qu’il aime lui-même. L’homme qu’il attendait s’avançait vers lui. Il avait la démarche fatiguée, cherchant visiblement à se protéger de l’humidité générale. Aaron tira sur sa cigarette, baissant le regard sur lui alors qu’il avançait sous son parapluie. Etrange contraste entre les deux hommes qui avaient pourtant sensiblement le même âge. L’un visiblement las, l’autre au port droit, fier et au regard perçant. Le second toisa l’autre, le dominant de plusieurs centimètres. Il souffla la fumée sur le côté, sans répondre immédiatement. Il scruta les yeux sombres dissimulés derrière les mèches noires. Il se dit que Nathan le Grec avait un physique parfait pour ne pas attirer l’attention. Il avait l’air d’un type ennuyeux et fatigué qui ne demandait qu’à retrouver un lit douillet à la fin de la journée.
Ses paroles de simple politesse le firent légèrement sourire. Un demi-sourire qui s’étira sur sa joue droite. Il n’y avait qu’à l’observer pour comprendre que cela faisait déjà pas mal de temps qu’il patientait sous la pluie. Et dire qu’il avait mit une chemise…Il n’aimait pas porter ce genre de vêtement : ça se froissait, salissait et déchirait beaucoup trop vite. C’était certes beaucoup plus élégant, mais il préférait les débardeurs et les tee-shirts. C’était plus sport et plus pratique. La simple raison pour laquelle il avait passé cette chemise un peu froissée était qu’il n’avait rien d’autre d’assez propre pour être mettable.
« Assez pour être à moitié trempé, pas assez pour être transformé en serpillère, railla-t-il doucement. »
Il se redressa entièrement, retrouvant sa taille normale et tint le parapluie au dessus de leurs deux têtes, gardant la cigarette entre ses lèvres. La seconde question était presque inutile du point de vue du secret de sa venue. Aaron était un enfant de la capitale. Il y avait toujours vécut, il avait toujours parcourue ces rues et connaissait chaque recoin par cœur. Avec cette semi-obscurité et la pluie torrentielle qui rendait les gardes assez dévoués pour s’y aventurer dans le but d’une simple ronde assez rares, se déplacer dans la ville était un véritable jeu d’enfant pour le résistant. Et les égouts étaient des chemins parfaits pour tout homme qui cherche à se faire invisible. Il eut un petit rire amusé.
« Offrez, docteur, offrez donc. Un endroit sec dans un orage comme celui-ci ne se refuse pas. »
Il se mit en marche, sortant son paquet de cigarettes de sa main libre pour le tendre devant le visage de son interlocuteur.
« Vous fumez, docteur ? demanda-t-il. »
Ses chaussures émettaient un floc-splasch-floc-splasch à chaque fois qu’il levait et reposait les pieds. Il savait qu’elles étaient imbibées d’eau de pluie et que ses chaussettes avaient subi le même triste sort. Il se demanda si le toit et les murs en question étaient encore loin. Il baissa un œil sur le vieil imper du médecin.
« Dites, vous auriez pas trouvé un remède miracle contre la pneumonie et le rhume pour sortir sans parapluie par ce temps ? A moins que vous ne soyez un médecin particulièrement irresponsable… »
Blablatage, certes. Mais tant qu’ils ne seraient pas dans un endroit isolé et sûr, il était inutile d’aborder les sujets pour lesquels il était venu le trouver. _________________
 S'il y a une justice, ce n'est pas celle de l'Empereur. |
|  | | Nathan Nouvelle recrue

Age : 19 Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 20
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Mer 9 Juil - 14:24 | |
| Ils prennent la direction du bâtiment et commencent à le contourner. Nathan avait d'abord pensé à la morgue, mais il n'est pas certain que toutes les salles soient vides, certains chacals viennent de nuit, pensant trouver autre chose sur les corps de ceux qu'ils considèrent comme une race à détruire. Ils rentreront tout de même par là bas, c'est l'entrée la plus discrète. Aucune caméra dans ce coin. Après tout il faut passer une porte à empreinte digitale pour passer de la morgue à l'hôpital alors qui s'y risquerait.
Large d'épaules malgré son allure, Nathan et a demi mouillé. Sa blouse blanche s'imbibe de plus en plus. Mais il n'en a cure. Les blouses actuelles ne sont plus perméables, il ne sera pas trempé. Son interlocuteur lui tend un paquet de cigarette. Nathan refuse d'un geste de la main. Même si cela n'a aucun effet durable sur ses poumons il se refuse à cette drogue.
" Je vous remercie mais j'évite, à moins d'être vraiment stressé. "
Le chef de la résistance à les habits qui correspondent à son statut, de qualité minimum, et est donc assez... mouillé. La remarque qui suit fait sourire le médecin qui répond de sa voix chaude teintés d'un accent d'amusement.
"Malheureusement non, le remède reste donc une bonne soupe et du sommeil. Le saviez vous, un des meilleurs remèdes à tous les mots dont les gens se plaignent est le sommeil. On dit le sommeil réparateur, et ce ne sont pas des paroles en l'air. "
Ils atteignent la porte qui s'ouvre dans un chuintement discret qui est étouffé par le bruit de l'averse. Le médecin rabaisse le col de sa blouse et la secoue légèrement pour se débarrasser des gouttes argentés qui se sont déposées. Il avance le long du couloir, sans un mot, rentre dans un bureau renseigné comme ' réservé au personnel autorisé', traverse la pièce et referme une armoire en fer grise.
" Et je suis un médecin irresponsable... "
Ajoute-t-il en faisant coulisser l'armoire dont le cadre des horaires s'est illuminé de bleu lorsqu'il y a aposé sa main gauche. Il rentre le premier dans la pièce dévoilée et lance un regard circulaire dans la pièce, ce tourne sur la gauche et pianote un instant sur un ordinateur dans le mur. La pièce n'a pas été violée, les éléments de brouillage et de surveillance sont en place. La rencontre peut commencer.
" Si vous voulez bien refermer derrière vous, nous sommes cette fois parfaitement au chaud. "
Un sourire s'épanouit sur ses lèvres, il se débarrasse de sa blouse sur un porte manteau et doucement se redresse. Il perd son air usé et fatigué pour redevenir le jeune homme bouillant qui ne dort jamais vraiment mais ne se révèle qu'en lieu sur. Il s'étire et va s'assoir dans les des fauteuils du Corbusier qui meublent la pièce.
[ HRP: fauteuils du musée de grenoble si tu veux une idée plus précise! ] _________________
 ¤ La pire des maladie, c'est la peur ¤ |
|  | | Aaron Modo

 Age : 19 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 358 Localisation : Là où l'on se bat. Feuille de personnage Réputation:
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Ven 11 Juil - 15:11 | |
| Aaron haussa les épaules et rangea son paquet dans la poche de sa chemise. Il ne savait pas exactement le pouvoir de son ami et ne savait donc pas qu’il venait de faire de l’humour, en parlant d’un possible remède miracle sur sa personne. Il baissa ses yeux sur lui, alors qu’il parlait du sommeil, tirant tranquillement sur sa cigarette. A vrai dire, il ne comprit pas tout, seulement quelques mots, à cause du vacarme de la pluie tambourinant sur le toit de son parapluie.
« Le sommeil en l’air ? » releva-t-il, fronçant les sourcils et se penchant légèrement en avant pour tendre l’oreille.
Le sommeil en l’air ? Mais qu’est ce qu’il racontait, celui-là ? Fallait dire qu’avec cet orage, c’était comme de parler dans un pressing dont toutes les machines auraient été activées en même temps. Il finit par hausser les épaules, sans chercher à plus comprendre la signification de ses mots.
Ha, enfin, l’intérieur…Il soupira de contentement en entrant dans l’hôpital et referma le parapluie et détourna légèrement le visage vers le mur, pour ne pas qu’on le voit et le reconnaisse, si jamais quelqu’un se serait trouvé dans le couloir. Maintenant, ses pieds produisaient un couinement désagréable sur le sol lisse. Ce n’était pas discret et Aaron s’en agaça. Il se tut tout autant que son compagnon. Il n’avait rien à dire d’autre que ce qu’il avait à cacher à des oreilles indiscrètes.
Ha, une porte… ‘réservé au personnel’. Oui, très personnel, lui, oui, oui, oui. Lui, il était médecin, et même chirurgien esthétique. Pffff…Bon ses vêtements n’étaient pas vraiment assortis, mais bon, il n’avait pas vraiment prévu d’entrer dans l’hôpital.
Ses sourcils se froncèrent devant la lumière bleutée et le passage secret.
« Pas mal…admit-il dans un souffle. »
Il le suivit, referma l’ouverture en observant les lieux, y cherchant instinctivement des caméras, des fenêtres, des trucs dans le mur ou quelque chose qui aurait pu abriter un micro. Il ne découvrit rien. Il l’observa se déshabiller et, comme il ne pouvait rien enlever au risque de se retrouver nu ou en sous-vêtements, il posa son parapluie humide contre le mur. Il n’avait pas quitté Nathan du regard une seule seconde, accrochant la transformation qui se produisait dans son maintien et son attitude avec plaisir. Il préférait cette énergie à la lassitude qui transperçait dans son personnage de médecin. Et il appréciait cette marque d’intelligence.
Il le rejoignit d’un pas tranquille sans pour ôtant s’assoir, gardant sa cigarette presque terminée entre les lèvres. Il désigna la pièce d’une main dans un geste large.
« Je ne savais pas que Twilight Children avait gagné au loto pour obtenir un financement capable de construire tout ça…, dit-il. A moins qu’un seul médecin irresponsable ait réussit à dissimuler sa construction lors de celle de l’hôpital ? » _________________
 S'il y a une justice, ce n'est pas celle de l'Empereur. |
|  | | Nathan Nouvelle recrue

Age : 19 Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 20
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Dim 20 Juil - 19:40 | |
| [HRP: ouaaaaaaaah mea maxima culpa, je m'excuse platement du délais de réponse. Avant que tu ne répondes je glandais mais une fois que tu as eu le temps mon emploi du temps s'est chargé. Je m'excuzzzzzze. Et je m'y mets!]
Le médecin laissa un sourire satisfait mais non prétentieux s'installer sur ses lèvres et engloba la pièce d'un ample mouvement des bras, avant de s'exprimer d'une voix ou pointait une légère ironie.
" Tout ceci est le fruit de l'argent. Celui de l'empereur pour le gros œuvre, le mien pour cette partie des lieux."
Il marque un temps et joue un instant avec sa mâchoire, un demi sourire cette fois. En effet la suite est moins plaisante pour son compte bancaire.
" Le vrai problème est que l'on ne peut faire confiance à personne, j'ai donc du payer deux fois. Mais cet investissement n'est pas vain et je ne le regrette donc pas."
Il se relève et fait le tour de la table pour se diriger vers un pan de mur avec un renfoncement. Il saisi la machine à café qui s'est silencieusement déclenchée à leur entrée dans la pièce, ainsi que deux grandes tasses et une sucrière, pour déposer le tout sur la table.
" Si vous voulez vous réchauffer de l'intérieur je pense que ceci fera l'affaire."
Il servit deux cafés et n'ajouta pas de sucre au sien. Politique personnelle. Il plongea son regard dans celui du chef de la résistance et lui posa finalement la question qui les avaient amenés ici en ce soir pluvieux.
" Mais quel est au juste le motif de votre visite Aaron? "
Le médecin gageait qu'il ne s'agissait pas d'un patient particulier, du moins n'avait il pas eu vent d'un quelconque affrontement meurtrier ces derniers temps. Mais après tout nul ne savait tout ce qui se passait en cette ville sombre qui sentait plus souvent le sang fraichement coulé que le lilas fraichement cueilli. _________________
 ¤ La pire des maladie, c'est la peur ¤ |
|  | | Aaron Modo

 Age : 19 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 358 Localisation : Là où l'on se bat. Feuille de personnage Réputation:
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Dim 20 Juil - 22:12 | |
| Aaron hocha lentement la tête, ses yeux se remettant à faire le tour de la pièce. Ils se posèrent sur la cafetière et accrochèrent les mouvements du médecin. Oui, il avait dû payer cher pour garder le secret sur cette pièce. Et ses économies avaient dû y passer entièrement. Un sacrifice notable, mais Nathan en avait fait le choix, après tout.
« Vous avez raison, il ne faut rien regretter, dit-il en tirant une dernière bouffée de sa cigarette. »
Oui, ne jamais rien regretter. Une des règles qu’il tentait de s’imposer. C’était dur, pour lui. Très dur de ne pas regretter d’avoir accepté de jeunes hommes dans la résistance, dur de ne pas regretter toutes ces morts dont il était responsable. Mais il s’y efforçait. Après tout, on obtient rien sans rien…Tout est échange : on donne pour recevoir. Il espérait qu’un jour tout ce qu’il donnait pour la Résistance aboutirait à ses espoirs de monde libre. Bah…En vérité, s’il n’avait eu que cette motivation, il y aurait déjà longtemps que le professeur d’histoire aurait abandonné cette conquête illusoire.
Il leva son mégot devant son visage pour le montrer à son hôte.
« Excusez-moi, où puis-je le mettre ? demanda-t-il. »
Il regarda les tasses posées sur la table et finit par s’assoir à son tour. Il saisit une tasse entre ses doigts libres.
« Merci. »
Il but une gorgée brûlante. Le liquide lui brûla le palet et la langue, descendit dans sa gorge et réchauffa doucement son corps glacé. Il était bon, mais pas assez corsé au goût du jeune homme. Il l’aimait bien noir et nature. Avant tout ça, il le prenait bien sucré, mais le sucre était devenu un luxe dans la résistance, quelque chose dont on pouvait se passer et il avait apprit à apprécier son café ainsi. Quand il avait du café.
Un petit sourire était apparut sur ses lèvres et il reposa la tasse. Petit sourire qui disparut aussitôt que Nathan le Grec eut posé sa question. Ha oui, la raison de sa visite. Ou plutôt les raisons. Il appuya son dos contre le dossier du fauteuil, lâchant un soupir.
« Je ne sais pas si vous avez lu les journaux, ces dernières semaines, docteur. Une descente dans le Ghetto nous a forcé à repousser le camps principal en campagne…Je voulais que vous soyez au courant car, en cas de coup dur, les blessés que nous vous remettrions seraient beaucoup plus nombreux. »
Il se passa une main sur le menton, accrochant sa légère barbe de trois jours qui crissa sous ses doigts.
« Je sais que ce serait dangereux pour vous mais nous ne pourrions pas prendre le risque de transporter des blessés graves jusque dans la campagne : ils seraient morts avant que nous ayons pu faire la moitié du chemin. » _________________
 S'il y a une justice, ce n'est pas celle de l'Empereur. |
|  | | Nathan Nouvelle recrue

Age : 19 Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 20
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Mer 13 Aoû - 14:16 | |
| [ hrp : 'scuz du délais et... il me restait une ligne à écrire... juste une, et j'ai appuyé sur un mauvais bouton.. tout perdu, même en faisant page précédente... ]
Nathan effectua un demi-tour feutré sur sa chaise et poussa un pan précis du mur, une surface rectangulaire aux bords tracés avec discrétion, un tiroir s’ouvrit sans bruit. Tout dans cette salle était aseptisé, le moindre son semblait entouré de coton, et même l’échange des deux hommes était clair mais n’éveillait pas la moindre résonnance dans cette pièce pourtant d’une taille non négligeable. Le médecin récupéra un cendrier de polyverre transparent dans le tiroir susnommé et le déposa sur la table avec un léger son mat, lui donna une légère poussée qui fit glisser le cendrier vers Aaron. Sans bruit.
Nathan était un homme qui voyait, pas seulement les maladies physique ; il arrivait généralement à définir moralement les personnes avec qui il échangeait. Il en allait autrement avec son interlocuteur actuel. Il l’avait déjà rencontré environ cinq fois à présent, mais s’il arrivait à se faire un avis sur l’état physique du jeune homme, son moral lui restait étranger. Mais la chose en elle-même ne l’étonnait guère. Aaron avait tout intérêt à rester secret et à se préserver de tous. Nathan gageait que la paranoïa qui agitait surement certains des neurones du garçon pourrait facilement devenir un piège de folie. Mais Aaron n’avait encore jamais été un de ses patients et il ne pouvait donc vraiment savoir. Etrange pour un médecin d’avoir des lacunes de savoir.
Un sourire. Ce devait être chose à garder en mémoire. Un tel homme sourit rarement tant ses pensées sont fournies des malheurs passés, et à venir.
Les journaux ? Oui et non, après tout comment savoir auquel se fier réellement. Dans la situation présente la censure était palpable et les articles relevaient parfois un peu de vérité mais il était difficile de la cerner vraiment.
« Disons que ce sont plus les paroles que les journaux qui m’apportent de vraies nouvelles. Les gens parlent et j’ai les oreilles trainantes. »
Il fronce les sourcils et reprend d’une voix où une certaine préoccupation pointait.
« Un choix assez draconien je dois dire. Les blessés en eux même ne sont pas un problème. Nous sommes un hôpital et en l’occurrence les blessés sont notre quotidien. Cependant je vais ouvrir, ou plutôt fermer une aile, que je présenterais comme zone de contamination. Ainsi nous n’auront pas de problème pour les questions d’identité. »
Jusqu’à présent il suffisait de donner le signalement d’un civil blessé au cours d’une fusillade, un membre de la police infiltré fournissant l’attestation nécessaire. Nathan se passe une main sur le menton, un début de barbe crisse légèrement en réponse à ce geste pourtant mainte fois répété en cas de réflexion du médecin.
« Toujours est il qu’en cas de problème grave au camp, qu’il s’agit du traitement où de la personne, je m’arrangerai pour me déplacer. »
Il s’étire sur sa chaise et ressasse un instant pour lui-même les dernières informations. Puis un mince sourire passe sur son visage et il demande d’une voix un tantinet moqueuse.
« J’ai également entendu parler d’un bal. Vous y rendrez vous ? »
* Ce serait un pied de nez non négligeable à l’empereur en tout cas ! Mais également une source de patients pour moi…*
Son sourire s’éteint à cette pensée. La résistance reste encore trop faible pour vaincre. Mais le jour du soulèvement final viendra t il un jour ?... _________________
 ¤ La pire des maladie, c'est la peur ¤ |
|  | | Aaron Modo

 Age : 19 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 358 Localisation : Là où l'on se bat. Feuille de personnage Réputation:
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Ven 12 Sep - 17:15 | |
| Aaron fixa son regard froid sur le médecin, le visage toujours aussi neutre qu’à l’ordinaire. Ainsi, il ouvrirait une aile, en cas de coups durs. Il hocha lentement la tête. Bien…
« Ce serait parfait. A moins qu’un médecin ou un infirmier trop scrupuleux se demande pourquoi la contamination consiste à des trous faits par des balles ou ressemble à des membres cassés…L’idéal serait que ce soit vous seul qui vous occupiez des blessés. Mais comment ferez-vous, si nos pertes sont nombreuses ? »
Evidemment, c’était beaucoup demander, mais ils ne pouvaient pas prendre de risques.
« Ce serait une forte charge, pour vous, admit-il, mais je me dois de garantir au maximum la sécurité de mes hommes…quand c’est possible. »
Ha…et il se déplacerait. Aaron poussa un soupir où se mêlaient le soulagement et la fatigue.
« Bien, dit-il. Nous risquons d’avoir besoin de votre aide. »
Il l’observa se passer la main sur le menton, geste qu’il venait d’exécuter et se demanda si son interlocuteur ne se moquait pas ouvertement de lui. Cette observation lui fit remarquer en même temps que, comme lui, l’homme était mal rasé. Sa vie ne devait pas être bien plus simple que la sienne…Sauf que, lui, il pouvait encore se promener en pleine rue sans craindre de se faire arrêter, avoir une vie de famille, des amis…
La question du bal se posa.
« Ha, ce fameux bal…souffla-t-il. »
Il hocha la tête. Il savait l’homme trop impliqué dans la Résistance pour ne pas lui accorder sa confiance sur ce plan là.
« Oui…J’y serais. Et pas seul. »
Il avait dit cela avec une moue un peu crispée.
« En vérité, je ne suis pas partant pour cette idée, mais il est vrai que c’est une possibilité qu’il serait stupide de manquer. Un attentat, une tentative, soit pour avoir l’Empereur, soit pour au moins toucher quelques personnes du gouvernement…Nous ne pouvons plus nous laisser tuer, emprisonner les uns après les autres sans rien faire. »
Il se racla la gorge, cherchant à changer de sujet. Il n’était pas ici pour parler mondanité…Ou projets de la Résistance. Il prit alors conscience qu’informer Nathan le Grec de leur départ à la campagne n’avait été qu’un prétexte pour se rendre près de lui sans se dire qu’il n’agissait qu’égoïstement. Depuis qu’il s’était assit, il ne pensait plus qu’à demander une chose, unique.
« Docteur Asclépios…reprit-il en reposant sa tasse sur la table. Il faut que je vous parle d’autre chose. »
Il hésita une seconde. Voila un des sujets qui pourraient lui coûter cher si Nathan n’était pas quelqu’un digne de confiance. Seule Patience et Thalès –et certainement les membres gradés du gouvernement- étaient au courant de l’existence et de la disparition de son frère. Et il préférait que cela reste ainsi. Non seulement parce qu’il n’aimait pas trop que tous ses hommes soient au courant de sa vie personnelle, mais aussi parce que chaque détails personnels pouvait être utilisé par un ennemi comme une faille. Son hésitation se prolongea alors qu’il se passait lentement la langue sur les lèvres. Il finit par se lancer :
« Je recherche depuis longtemps un homme. Maintenant, il doit avoir 34 ans, les cheveux blonds…les yeux clairs, légèrement dorés… »
Les mêmes que les siens, en fait. Il pinça son lobe d’oreille droit de son pouce et son index en continuant :
« Il porte sans doute une boucle d’oreille unique ici et est légèrement plus grand que moi. »
Il scruta les yeux sombres de son interlocuteur.
« Nathanaël, Nathanaël Pierce, termina-t-il. Serait-il venu, à l’hôpital, un jour ? Serait-il possible que vous consultiez vos registres, s’il vous plait ? »
Sa demande était assurée, mais l’importance de sa requête était parfaitement perceptible dans le timbre de sa voix. _________________
 S'il y a une justice, ce n'est pas celle de l'Empereur. |
|  | | Nathan Nouvelle recrue

Age : 19 Inscrit le : 04 Juil 2008 Messages : 20
 | Sujet: Re: Du travail, toujours du travail... Jeu 18 Sep - 17:32 | |
| Nathan ne prend pas même le temps de la réflexion, il a beau être jeune il est malin et a d'ors et déjà son propre réseau de personnes sures au sein même de l'hôpital. On ne monte pas un pied de nez aussi énorme à la barbe de l'empereur sans prévoir le minimum de sécurité.
" Ne vous en faites pas trop, pour ce qui est du personnel j'ai déjà effectué mon tri, et seules les personnes sures seront affectée à ce service... spécial. "
Il acquiesce à la suite. Bien sur il se déplacera dès que le besoin se fera sentir, après tout il reste le plus à même de soigner les blessés les plus graves ou les plus nombreux. Et surtout il ne se permettrait pas de faire entrer qui que ce soit dans le camp à moins qu'Aaron n'ait vérifié au moins par 5 fois qu'il ne risquait pas de compromettre la résistance.
" Me déplacer n'est pas un problème, je suis assez libre et guère surveillé par le ministère. Toutefois en cas de crise trop importante il vous faudra m'envoyer un protecteur pour éviter tout risque de découverte du camp. Je sais que ce ne sera pas forcément facile, mais je pense que cela sera nécessaire. "
Nathan se lève en douceur, autant ne pas mettre en route les nerfs de son interlocuteur. Il se dirige vers la cafetière pour se resservir un café. Toujours sans sucre. Avant de l'avaler sans se presser, non pour le savourer mais parce que son esprit s'agite. Le déplacement du camp va changer beaucoup de chose pour lui, et surement renforcer la surveillance des citoyens, peut être devrait-il penser à prendre une petite maison dans la campagne au lieu de dormir à l'hôpital, il aurait ainsi un bon 'mobile' pour sortir de la capitale régulièrement.
Le bal. Oui, revenons en au bal. Lui même n'avait pas prévu de s'y rendre. Les mondanités ce n'était pas son truc. Et puis d'après ce qu'en disait Aaron cela risquait de s'échauffer et il se retrouverait donc malgré lui avec du travail à 70% de chance. Si on pouvait appeler ça de la chance.
" Essayez de ne pas me ramener trop de blessés s'il vous plait. "
Il hocha la tête, pensif, puis fini par retourner s'assoir le temps d'un silence, et de finir son café d'un trait. Aaron reprit la parole, mais cette fois son ton était moins confiant. Le changement de ton alerta le médecin qui posa son café et se écouta attentivement le résistant.
Nathanaël Pierce... une trentaine d'année, blond avec une boucle d'oreille. Nathan ferma les yeux tout en fronçant les sourcils. Ce nom et cette description réveillaient quelque chose dans sa mémoire, pour autant l'hôpital ne semblait pas être le lien. Mais sa mémoire ne le laissa tout de fois pas sur sa faim et il fini par trouver le lien. Ses sourcils reprirent une forme relativement normale et il ouvrit les yeux avant de répondre d'une voix toutefois hésitante.
" J'ai effectivement vu cette personne. Mais ce n'était pas à l'hôpital. Non, à l'époque je soignait uniquement... anormalement. Cela remonte à bien longtemps. Il avait plutôt autour de 25 ans. Une blessure par balle à l'épaule si je me souviens bien. Il en a gardé une cicatrice en étoile. "
Il essai de capter le regard d'Aaron mais sans insister, et ajoute finalement.
" Je suppose que je n'ai pas à savoir de qui il s'agit. "
| Spoiler: | | | Je ne voit rien à ajouter, si je te bloque dit le moi je verrais ce que je peux faire. |
_________________
 ¤ La pire des maladie, c'est la peur ¤ |
|  | | | Du travail, toujours du travail... | |
|
| Page 1 sur 2 | Aller à la page : 1, 2  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|