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Piqûre de rappel

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Kiefer
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MessageSujet: Piqûre de rappel   Lun 14 Jan - 12:26

Le premier à entrer fut un homme à la taille moyenne mais aux épaules étonnamment larges. Faisant quelques pas à l'intérieur, il s'arrêta afin de scruter la salle. Son regard se posa sur chaque personne, sur chaque visage, ses yeux vaguement cachés derrières ses lunettes aux verres légèrement teintés. L'homme était blond, d'un blond presque blanc, agressif, et malgré ses lunettes, on devinait un regard clair. Sa peau était pâle et son visage taillé à la serpe. Au bout de quelques secondes ainsi immobile, il leva son bras gauche pour toucher son oreille. Une personne distraite n'aurait pas remarqué le petit écouteur noir qui y était fixé. Après avoir prononcé deux syllabes incompréhensibles, on aurait dit qu'il parlait dans le vide, il se décida à avancer pour se diriger vers une table un peu en retrait, mais de laquelle on voyait toute la salle. Leur table. Alors que la logique l'aurait poussé à s'asseoir, il choisit de rester debout.

La porte du bar s'ouvrit à nouveau et la seconde personne à entrer n'avait en commun avec l'homme que la pâleur de sa peau et de ses cheveux. La silhouette féminine était agréable à la vue et cette jeune femme savait se mettre en valeur. Agée d'à peine la vingtaine, elle portait un jean sombre à la mode, était perchée sur des bottines à haut talon effilé, et portait pour se protéger du froid une veste courte qui semblait être faite en fourrure véritable. Un luxe pour l'époque et l'endroit. Son maquillage était discret et élégant, quand à sa cascade de cheveux, elle la portait lachée, lisse, dans son dos. A sa façon de regarder à son tour les clients proche d’elle, on devinait qu’elle était loin d’être du genre jeune fille effarouchée. Non, elle semblait sûre d’elle, froide, inaccessible.

Juste après elle, assez proche pour ne laisser aucun doute sur le fait qu'ils se connaissaient, un homme entra à son tour dans la chaleur du bar. Dire qu'il était grand était un doux euphémisme, puisqu'il dépassait largement sa compagne qui était déjà plus grande que les autres, juchée sur ses talons. Il semblait aussi plus âgé, probablement de 10 ans son aîné, mais ça ne choquait pas vraiment. Les hommes influents étaient toujours entourés de belles plantes plus jeunes qu'eux. Il était aussi brun qu'elle était blonde et ses cheveux lachés fleurtaient avec la naissance de ses épaules. Sous son manteau, il était vêtu d'un pantalon et d'une veste de costume sombre impeccable dans lequel il semblait à l'aise, sa chemise claire était légèrement ouverte au col, laissant entrevoir le milieu de sa clavicule et les étranges signes tatoués qui remontaient jusque là.

Il porta ses mains à son visage, soufflant dessus afin de les réchauffer. Sur ses poignets, dessus de ses mains et même phalanges, d'autres signes avaient été gravés à l'encre noire. Après avoir à son tour lancé un regard rapide à la salle, le couple se dirigea vers le Blond et la table en retrait. Alors qu'ils marchaient, deux ou trois personnes se levèrent et semblèrent sortir un peu trop précipitamment. Le grand brun sourit en croisant ces hommes louches, mais son sourire était froid.

Après s'être assis, Kiefer lança quelques paroles à son homme de main, toujours debout. Ce langage était claquant et grave, complètement étranger aux personnes les entourant. Avec un hochement de tête, le Blond ressortit du bar, laissant le couple seul. La femme se chargea de commander deux verres au passage d'une serveuse. Le patron sortit des cuisines et regarda avec un air un peu gêné ces deux nouveaux clients. Il pâlit avant de repasser derrière le bar, l'air de rien.

Kiefer n'était pas venu ici pour lui faire peur textuellement parlant, mais ça ne le dérangeait pas de voir que son aura faisait toujours son petit effet. En tant que responsable de l'Organisation, les patrons des bouges du secteur Nord le connaissaient pour l'avoir vu au moins une fois. La Firme, n'était pas tendre et ils ne cherchaient pas vraiment à la contrarier. Seulement voilà, cela faisait plusieurs mois que Kiefer n'était plus revenu, son séjour au Pays s'étant un peu éternisé. Il n'était arrivé que quelques jours auparavant et déjà il s'empressait de rappeler son bon souvenir à ses "meilleurs" clients, une sorte de piqûre de rappel. Se montrer ainsi aurait pu paraître téméraire de sa part, mais il n'en était rien. Sur le papier, il ne s'agissait que d'un ressortissant étranger fortuné qui venait prendre un verre avec sa compagne après avoir fait quelques courses dans le quartier, leur garde du corps personnel attendant dehors. Et oui, les rues n'étaient pas très sûres, même à cette heure là alors qu’il restait du temps avant le couvre feu.

Le patron essuya quelques verres avant de servir un autre client. Ses doigts tremblaient un peu. La présence de Kiefer venait de lui remettre à l'esprit le souvenir de ces dettes dont il devrait songer à s'acquitter rapidement si il tenait à garder ses mains dans leur état normal, avec le même nombre de phalanges que lorsqu'il était né. Bon, heureusement pour lui, il avait de quoi payer les marchandises que la Firme lui avait fourni. Dans un sens au moins, ce soir, il ne se passerait rien de fâcheux. Avec la présence de ces deux là, les petites frappes se tiendraient tranquilles...


[HRP : Si quelquechose cloche ou ne te plait pas dans le décors, dis le moi. Wink]
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Lun 14 Jan - 14:51

[Hrp : parfait, même le titre est adéquat ^^.]

Dans l’une des pièces annexes à la salle principale, la « piqure » était aussi à l’ordre du jour, mais cette fois au sens propre. Une jeune fille maigre, à la peau pâle et aux longs cheveux noirs sortis de ce qui servait de carré VIP au bar miteux le plus mal famé du quartier nord. Elle avait les yeux injectés de sang, les pupilles dilatées et d’impressionnantes cernes noires. Son regard était perdu dans le vide alors qu’elle se caressait doucement le creux du coude, étalant sur sa peau une petite goutte de sang qui avait perlé.

Un homme aux cheveux noirs, aux vêtements de la même couleur et à la carrure assez conséquente la précédant. Discrètement, il jeta une seringue usagée dans une poubelle à côté de la porte. Il pris doucement la jeune fille par le bras et l’attira prés du comptoir.

« Reste un peu dans les parages, sinon tu risques d’aller faire des bêtises. » lui dit il d’une voix douce.

Il retira la lanière de cuire qu’elle portait en guise de garrot autour du biceps et la rattacha à son propre poignet. Il l’aida a à grimper sur un tabouret alors qu’elle balayait la pièce d’un regard vitreux, la bouche entrouverte. Le dealer commanda une bière pour lui, et un verre d’eau pour mademoiselle. Mais le barman ne l’écoutait pas. Il astiquait frénétiquement un verre en fixant un coin de la salle. Le dealer réitéra sa demande, sans succès. Aux grands maux les grands remèdes, il frappa le comptoir du plat de la main, faisant sursauter le barman qui lâcha son verre. L’astiqueur de gobelet jeta un regard interdit aux débris de verres à ses pieds, un autre emprunt de sincères excuses à l’endroit qu’il n’avait cessé de fixer pendant plusieurs minutes, et un dernier, noir, à celui qui avait provoqué ce cataclysme.

« Nan mais ça va pas ! Tu pourrais trouver un moyen plus discret d’annoncer ta présence, Sick Boy ! » siffla t-il d’une voix inhabituellement basse.

« Figure toi que je t’avais déjà appelé deux fois. Qu’est ce que tu fixais comme ça ? »
répondit le dealer avant de se retourner pour chercher ce qui était si intéressant dans ce bar.

« Retourne toiiii, crétin ! Ne le regarde pas dans les yeux !!! »

« Regarder qui ? La grande asperge avec la pépée assis là bas ? C’est qui ? Un touriste qui s’est perdu ? »

Avant qu’il ne commette l’irréparable, le barman saisit Sick Boy par l’épaule par-dessus son comptoir et le retourna brusquement face à lui.

« Mais t’es vraiment né de la dernière pluie toi ! Tout ce qu’il y a ici, c’est comme si c’était à lui ! Tout les commerces du quartier Nord sont sous son contrôle ! »

« Et ça rend méchant, de contrôler les commerces…. ? Sert moi une bière au passage… »


« Je préfère pas tenter le diable ! Voilà ta bière, noie toi dedans ! »


Le dealer haussa les épaules et exécuta les ordres du barman en avalant une grande rasade de bière, presque assez pour se noyer. Alors qu’il discutait avec le barman, la jeune fille qui l’accompagnait avait posé ses yeux sur quelque chose de fascinant. Ses yeux hallucinés remplis d’étoiles, elle descendit du tabouret sans que les deux hommes ne le remarque et avança d’une démarche vacillante jusqu’à la table du couple qui provoquait tant de remue ménage dans les conversations et les esprits. Elle tendait une main fébrile vers l’objet de son envoutement quand le barman la remarqua. Il se mit à agiter les bras dans tous les sens en persifflant.

« Putaiiiiin Sick Boy ! Rappelle ta pétasse, vite ! »

« Oh merde ! »

Trop tard, la junky avait plongé sans main dans la chevelure blonde et lisse de la jeune femme au manteau de fourrure.

« Ils sont si beaux… » arriva t-elle à articuler d’une petite voix alors qu'elle faisait couler les cheveux dans sa main comme de l'eau.

Sick Boy s’élança et rejoint le lieu du crime en quelques foulées et saisit doucement sa cliente par les épaules pour l’attirer à l’écart.

« Excusez là, elle n’est pas dans son état normal. » dit il aux deux protagonistes.

Il profita de sa proximité pour mieux détailler l’homme devant lui. Que pouvaient bien signifier tous ces tatouages sur la main ? Une fantaisie de bourgeois ?
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Lun 14 Jan - 17:06

Un bar restait un bar, et chic comme miteux, une seule constante : les clients se succédaient en un défilé continu de plus ou moins nouvelles têtes. Dans ce rade là, les têtes étaient plutôt louches, mais ça ne gênait pas Kiefer. Sofia, assise en face de lui et donc dos à la salle était bien plus nerveuse et ne pouvait s'empêcher de faire tourner son verre dans ses mains, pour se donner une contenance. Les petits verres contenaient quelquechose qui aurait pu être de la vodka si elle n'avait pas rencontrée de revendeur malhonnête qui l'avait coupée avec Dieu savait quoi.

De l'autre côté de la salle, une porte s'était ouverte. Pour avoir déjà vu ce qui se tramait de l'autre côté, Kiefer scruta d'un oeil distrait les deux personnages qui en sortirent : une junkie et un autre type. Soit il cherchait à se la faire, soit c'était son revendeur. Pas d'autre raison pour qu'il s'occupe avec autant de délicatesse de ce déchet humain. Pauvre fille... Elle aurait pu être jolie, mais c'était trop tard pour elle, jamais elle ne retrouverait ce qu'elle aurait pu être. Ce n'était plus qu'un légume accro aux paradis imaginaires... Dommage.

La Firme gérait peut être pas mal de choses, touchant à un peu tous les milieux pouvait rapporter, des armes à la contrebande de nourriture, mais depuis que Kiefer s'occupait de la branche Empire, il avait fait cesser tout commerce de la drogue, qui pourtant était très lucratif. C'était une sorte d'aversion personnelle. Il n'aimait pas les effets que ça engendrait, et ne tolérait pas que ses hommes y touchent. Ca rendait l'humain corruptible et dépendant... Et la confiance s'en retrouvait brisée. Devoir se séparer définitivement d'un collaborateur n'était pas une tâche qu'il affectionnait, contrairement à ce que les mauvaises langues disaient.

Avec amusement, Kiefer regarda le petit échange entre le barman et le type. Allons allons, ce patron là n'avait pas tellement de raison d'avoir peur, alors pourquoi tout ce stress? Hmmm... Il faudrait qu'il pense à demander une étude plus approfondie de son cas, au cas ou. Le regard du type en noir tourna vers Sofia et lui sans s'éterniser. Vu sa tête, il ne savait pas grand chose d'eux. Le barman était apparemment en train de lui expliquer. Tant qu'il tenait sa langue sur certains détails, ça ne le dérangeait pas outre mesure.

Kiefer avait toujours préféré la prévention à la correction. C'était bien plus rapide, moins contraignant, demandait moins d'effort de sa part et engendrait moins de souffrance de l'autre côté. Bon, après quand il fallait, il fallait. Reposant son regard sur Sofia il lui glissa quelques mots rassurants dans leur langue. La jeune fille avait de quoi être nerveuse. Lui servant de garde rapprochée, c'était elle qui était en première ligne en cas de conflit. Etrangement, Kiefer s'était rendu compte que les gens avaient plus de difficultés à tirer sur une jolie femme...

Il était toujours en train de lui parler lorsqu'il aperçu la Junkie se lever. Elle fixait quelquechose dans leur direction. Vu son regard flou, soit c'était une très bonne actrice, soit elle se laissait tout simplement diriger par son trip. Quoi qu'il en soit elle approchait. Kiefer s'était tu et le voir fixer quelquechose par dessus son épaule stressa Sofia encore un peu plus. Il mit sa main sur la sienne pour l'inviter à rester calme, ce n'était rien, mais elle avait tendance à paniquer.

la Junkie a écrit:
"Ils sont si beaux..."


La Junkie venait de mettre ses mains (sales) dans les cheveux blonds de la jeune femme et celle ci tressaillit. Kiefer vit son autre main passer vivement sous sa veste en fourrure pour en sortir quelquechose qu'elle dissimula sous la table. Il serra sa main sur la sienne pour lui faire comprendre qu’il n’approuvait pas. Le type en noir venait de faire reculer la brunette et s'excusa pour elle. Pas dans son état normal?

"Parcequ'elle arrive à retrouver un état normal entre deux prises?"

L'accent de Kiefer était à couper au couteau. Il faisait claquer ses consonnes et roulait les R. Sa voix était grave mais étrangement douce et posée. Ce qu'il avait dit était de l’humour noir : en fait il doutait que la jeune femme soit assez claire ne serais-ce qu'une heure par jour pour se comporter normalement. Enfin soit, c'était sa vie, pas la sienne. S'adressant à sa compagne blonde, Kiefer emprunta un ton de voix rassurant, mais ses paroles n'avaient aucun rapport. C’était juste qu’il ne voulait pas qu'on comprenne qu'il l'engueulait.

"Нет волнения в общественном месте, я не хочу быть проведено для борьбы. Когда я говорю вам, не двигаться, я дона "настоящим разрешает вам установить свою руку на Ваше оружие. Там не будет в следующий раз.Теперь выйти."
"Pas d'esclandre dans un lieu public, je n'ai pas envie qu'on se fasse remarquer pour une bagarre. Quand je te dis de ne pas bouger, je ne t'autorise pas à mettre la main sur ton arme. Il n'y aura pas de prochaine fois. Maintenant, tu sors."


Si son visage était détendu, il n'y avait pour Sofia aucun doute sur son mécontentement. Elle en eut la confirmation en regardant dans ses yeux gris acier. Sans attendre, elle dissimula sa lame dans sa manche et se leva de table. Fière et altière mais le cœur gros, elle quitta la salle et rejoint Nikolaï, dehors. L'éclat de l'arme n'avait été visible pour personne, à part pour les deux personnes les plus proches peut être, soit la junkie et son compagnon, mais rien n'était moins sûr. Kiefer n'avait pas besoin d'un garde du corps pour se défendre ici, surtout une nerveuse, aussi préférait il la congédier pour lui faire comprendre tout de suite le message. Demain, elle prendrait le premier avion, il la renvoyait définitivement au pays.

Regardant à nouveau le type en noir et la junkie, Kiefer se rendit compte que l'homme fixait ses mains. Ah oui, ça étonnait toujours, il fallait dire que les tatouages ne collait pas vraiment avec son image de businessman. L’homme avait l'air clean, lui, et son regard était mobile. Quand à son visage... Il avait l'air de quelqu'un d'intelligent. La Firme était toujours à la recherche de nouveaux contacts, et quoi de mieux qu'un dealer pour connaître les petits secrets de chacun? En présumant que c’était en effet son métier. Avoir des dizaines de personnes qui vous léchaient dans la main, c'était une sorte de pouvoir. Même si Kiefer n'approuvait pas son commerce, son carnet d'adresse allait peut être l'intéresser.

Posant ses deux mains à plat sur la table, il se leva, cet air toujours détendu sur son visage. S'adressant au type en noir, il l'invita d'un geste à s'asseoir.

"Ce n'est rien, Sofia est trop nerveuse. Je t'invite plutôt à prendre un verre. Accepte, c'est une façon de se faire pardonner comme une autre..."

Toujours cet accent... Et cette manie de tutoyer. Les personnes les plus proches firent semblant de ne rien entendre avant de payer leur consommations et de partir du bar. A n'en pas douter ils préféraient ne pas entendre ce qui allait se dire. Kiefer ignorait délibérément la camée, qui pour n'avait aucun intérêt et ne pouvait être réellement traitée d'Etre Humain à part entière. Non, l'invitation n'était que pour le type en noir.


[HRP : Pardon pour le roman Oo. Et puis aussi, les MP marchent pas, c’est vraiment pas pratique…]
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Lun 14 Jan - 19:28

La jeune femme blonde eut la délicatesse de ne pas hurler en sentant la main de la junky lui caresser presque amoureusement les cheveux. Alors ça, c’était gentil de sa part. Par contre, elle avait l’air stressée au possible, elle ne devait pas avoir l’habitude de venir dans des endroits aussi particuliers que le Devil’s Sin. Malgré son silence et son visage impassible, Sick Boy était reconnaissant envers Kiefer qui avait eut la riche idée de retenir sa furie pendant que lui retenait sa camée. Cette dernière avait fini par détacher ses yeux de la tâche dorée dans le dos de la garde du corps incognito et assouvissait à présent une pulsion affective en se pendant au cou de son dealer. Sick Boy la laissa faire, l’ignorant presque et répondit au type qui causait bizarre avec un sourire qui paraissait tellement sincère que s’en était presque provocateur.

« Oui, en l’espace de 10 minutes elle peut se montrer charmante et tout à fait présentable.» dit il en laissait échapper une pointe d’ironie dans sa voix.

Il s’apprêtait à partir, mais le lourd fardeau féminin qui s’agrippait à lui, les mystérieux tatouages et le curieux langage que l’homme se mit à utiliser le maintinrent immobile. Qu’est ce qu’il pouvait bien se raconter, les deux zigotos ? En tout cas, ça n’avait pas l’air d’être une déclaration d’amour pour la jeune femme qui se leva et quitta la pièce.

« Ca brille…. » souffla la junky qui avait aperçu l’éclat de la lame dans la manche de mademoiselle.

Sick Boy n’y prêta pas attention, il savait que la plupart des choses qu’une personne défoncée pouvait décrire se déroulait exclusivement dans son esprit. Un silence gênant s’installa alors que les deux hommes se toisait, puis Kiefer se leva. Le dealer se retint d’écarquiller des yeux comme des assiettes.

*Ouh la bestiole !*

Lui qui était déjà plutôt grand n’avait pas l’habitude de devoir se tordre le coup pour regarder quelqu’un dans les yeux. Son interlocuteur devait être le genre de type à avoir l’habitude de se cogner dans l’encadrement des portes. Et voilà qu’il l’invitait à prendre un verre. D’après ce que lui avait confié le barman, il n’était pas dans son intérêt de refuser, même si sa façon de parler était surprenante pour un type censé être aussi puissant.

*Je suppose que je n’ai pas le choix.*

Il sourit poliement et lui répondit sur le même ton, usant lui aussi du tutoiement histoire de se mettre au même niveau :

« OK, c’est d’accord, laisse moi juste le temps de poser mes "petites affaires ". »

Il repoussa doucement sa cliente toujours blottie contre lui et lui demanda gentiment d’aller s’installer plus loin. La camée lui fit un sourire béat, et s’en alla docilement s’asseoir sur une chaise à l’autre bout du bar.

Sick Boy s’assit en face de l’homme et remarqua que les clients du bar assis à proximité s’en allait prestement. Cela n’était pas étonnant, c’était le genre de gus à se prétendre votre meilleur copain histoire d’abuser de votre générosité pour avoir des crédits. Le genre à accumuler les dettes quoi…
L’attention du dealer se reporta sur celui qui l’invitait. Ce n’était surement pas pour rien si l’homme lui payait un coup, il était curieux de savoir ce qu’il lui voulait.

« Et qu’est ce qu’on boit ? »
demanda t-il d’une voix posé, histoire de briser le silence.

[Hrp : le coup du roman c'est plutôt une qualité. ^^ Mais n'en attend pas autant de ma part, j'ai du mal à gérer mon inspiration en ce moment.]
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Kiefer
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Mar 15 Jan - 12:25

[HRP : Le "Ouh la bestiole", ça m'a fait franchement penser à Julie la P'tite Olive, ce qui a complètement décrédibilisé ma lecture XDDD]

La Junkie et son mac avaient eu au fond de la chance que Kiefer soit d'humeur prudente ce soir et n'ait pas laissé sa jeune compagne jouer du couteau. Sofia était partie après sa petite crise de nerfs, et elle savait déjà certainement que son travail pour la Firme s'arrêtait là. On n'engageait pas ailleurs les personnes qui avaient été virées dans une branche, c'était ainsi. Qu'allait elle faire après? Se ranger? Mmh, au fond, ce n'était plus le problème de Kiefer. On connaissait ses préférences, une autre viendrait la remplacer.

Le ton de l'homme en noir amusait l'étranger. C'était tellement rare qu'on lui parle d'égal à égal, ça lui plaisait assez. Il igonora la camée : même si elle avait vu l'éclat métallique de la lame, on ne l'écouterait pas, on ne la croirait pas, elle n'était pas un témoin génant. Il avait attendu quelques secondes avant de se lever et les yeux écarquillés de son interlocuteur le firent sourire. C'était un petit effet courant, oui, il avait l'air moins grand assis. Mais quoi, les gens du Nord ne sont ils pas réputés pour avoir plus de centimètres que les autres?

Le type en noir a écrit:
"Ok, c'est d'accord, laisse moi juste le temps de poser mes "petites affaires"."


Bien, les petites affaires ne prendraient pas trop de temps. Kiefer se rassit, regardant du coin de l'oeil les deux trois clients qui filaient. Ceux là ne devaient pas avoir grand chose de louche, mais le fait qu'ils fuient laissait comprendre qu'ils avaient la notion du danger. Qui fuillaient ils? Lui, ou l'autre? Si c'était Kiefer, c'était qu'ils avaient entedu parler de lui par quelqu'un... Nikolaï n'avait pas intérêt d'oublier de leur tirer le portrait pour les rentrer dans la base de données.

Pendant que Kiefer réfléchissait à ces petits détails là, laissant libre court à la paranoïa caractéristique des gens de son métier, Sick Boy s'était débarassée de son poids mort. Ou bientôt mort, ce n'était qu'une question de temps. Son invité s'assit en face de Kiefer et regarda quelques instant les derniers retardataires qui filaient. Ca ne le choqua pas plus que ça lui aussi...

Le type en noir a écrit:
"Et qu'est ce qu'on boit?"


A cette phrase, Kiefer reporta son attention sur son invité et esquissa un autre sourire. Pendant son temps de réflexion ses sourcils s'étaient froncés légèrement, maintenant il reprennait son air amical.

"Oh, commande ce que tu veux, mais je te déconseille vivement ce qu'ils nomment Vodka. Je n'ai pas encore eu le courage de faire passer mes lèvres à ce liquide qui ressemble plus à du Diesel qu'à une boisson..."

Il fut un temps, après la guerre au pays, ou l'alcool avait été interdit au sein de l'armée, et la boisson de substitution était l'essence très optanisée qui servait de carburant aux avions. Un des oncles de Kiefer avait raconté les effets du breuvage sur la santé des buveurs, ce qu'il avait dans son verre en ce moment lui rappelait cette anecdote. Trèves de rêveries. Kiefer n'avait pas fait venir le type en noir pour passer son temps à ressasser de vieux souvenirs, même si ce souvenir là l'avait fait se taire moins d'une dizaine de secondes. Levant le regard, il croisa le regard d'une serveuse, l'invitant à venir prendre la commande. Pendant ce temps il se présenta.

"Je pense que pour commencer nous pourrions nous présenter. Tu peux m'appeler Kiefer. Et toi, quel est ton nom? Tu dois aussi te demander pourquoi je t'invite, non?"

Autant être direct sur ce genre de choses là. Ils n'allaient pas passer des heures à tourner autour du pot, non?
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Mar 15 Jan - 18:44

[Hrp : c’est parfait, je faisait justement référence aux Wriggles, j’avais juste pas trouver l’occasion de placer « propriétaire agricole » pour faire la rime avec « bestiole ».]

Il ne savait pas pourquoi, mais Sick Boy sentait que le sourire du businessman avait quelque chose d’hypocrite. Pas étonnant, rien que le fait qu’il invite un inconnu à sa table était louche. Ce type avait une idée derrière la tête. Mais le dealer était aventurier et, de surcroit, sur son terrain. Si Kiefer était honnête (et ce serait cool qu’il le soit), il ne devrait pas y avoir de problème.

L’accent de l’homme ne laissait passer aucun doute quant à ses origines, et ses goûts en matière de boissons fortes devaient être fiables. C’est pourquoi Sick Boy décida de suivre ses conseils et de commander un truc bien de chez lui, à savoir du whisky. Il passa sa commande, la serveuse rougissante émit un timide « oui » du bout des lèvres alors qu’elle cachait ses joues rouges derrière son calepin et se tourna vers Kiefer pour noter sa consommation. Le dealer ignorait à présent la jolie serveuse et écoutait son interlocuteur. Il apprécia sa franchise et sa façon d’aller droit au but.

« Kiefer ? Jamais entendu parler, pourtant il parait que tu es connu, mais je ne suis pas là depuis bien longtemps. Moi, on m’appelle Sick Boy. »

Il n’en dit pas plus sur son identité. Kiefer devinerait surement que ce n’était qu’un surnom, s’il n’était pas trop mauvais en anglais (ce qui n’était pas sur). Il poursuivit.

« Et en effet, je me doute bien que tu ne m’invites pas parce que tu te piques de générosité. »

Il laissa s’installer un court silence. La serveuse, toujours debout, se sentait de moins en moins à sa place.

« Mais j’imagine que le sujet de la conversation tournera surtout autour de la finance, je me trompe ? »

C’était évident. D’ailleurs, plus Sick Boy regardait le type, plus il trouvait qu’il avait une gueule de mafioso. Et plus il le trouvait sympathique. Dans la plupart des cas, si on arrive à entrer dans les petits papiers d’un représentant de la pègre locale, cela peut s’avérer très utile. La réciproque fonctionne aussi : entrer dans les petits papiers du dealer du coin peut toujours servir.

Distraitement, Sick Boy sortit un paquet de cigarette de sa poche, s’en alluma une. Politesse oblige, il tendit son paquet à Kiefer, lui faisait une proposition silencieuse mais claire.
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Sam 19 Jan - 17:40

Spoiler:
 


Kiefer n’était pas un novice des relations d’affaires, loin s’en faut. Quand on jetait un coup d’œil à son carnet d’adresses, on avait de quoi pâlir en imaginant la somme d’argent brassée par tous ces portefeuilles bien remplis. Mais entre les lignes des gros poissons, on pouvait aussi voir des petites pièces, des gens invisibles. Au final, ce menu fretin était plus nombreux que les autres, tout simplement parce que sans la base, on ne faisait rien. Aujourd’hui, Kiefer envisageait bien de rajouter le nom du type en noir à sa liste. Encore fallait il qu’il en vaille le coup.

Le Slave laissa son interlocuteur commander sa boisson, observant au passage qu’il avait suivi son conseil. Ce n’était qu’un détail, mais justement Kiefer apportait une grande attention à ces détails insignifiants. La serveuse semblait mal à l’aise. Il y avait de quoi après tout. Si elle faisait une bourde, elle risquait de perdre son emploi. Elle attendait, debout et cramoisie, que son deuxième client se décide à choisir sa boisson pour enfin décamper.

Le dénommé Sick Boy venait dévouer qu’il n’avait jamais entendu parler de Kiefer, même si apparemment il était connu. Connu comment ? Que disait on sur lui ? Il faudrait qu’il se renseigne. Le grand slave jeta un coup d’œil sur le patron qui s’occupait de ses verres en regardant de temps en temps dans leur direction. Leurs regards se croisèrent et celui du patron parut soudain absorbé par la contemplation de ses pieds.

Revenant à son interlocuteur, Kiefer l’écouta continuer à parler, calmement. Il avait apprit 3 choses : Déjà, le type cachait son vrai nom derrière un pseudonyme. Il faisait pareil, donc pas de quoi s’émouvoir. Ensuite il n’était pas là depuis longtemps. Enfin, ce type était assez perspicace. Il devenait de plus en plus intéressant…

Allez, il était temps de faire déguerpir la serveuse. Qu’allait il commander ? Imaginer avoir autre chose de semblable à ce qui stagnait dans son verre qu’il n’avait pas touché ne le tentait guerre… En fait, il préférait avoir soif que se forcer à boire cette huile de vidange. Finalement, il la congédia d’un geste de la main. La demoiselle tourna les talons et partit en coup de vent.

Sick boy tendit le paquet de cigarettes à Kiefer, qui lut l’étiquette rapidement, avant d’accepter son offre. D’habitude il n’était pas très friand des clopes occidentales, mais il n’avait jamais testé celles là. Il sortit de sa poche son briquet, lourd et chromé, alluma sa cigarette et fit glisser l’objet sur la table jusqu’à Sick Boy.

Après quelques taffes, pendant lesquelles il s’était assis plus confortablement contre le dossier de son siège, il se décida à reprendre la conversation.

« La finance ne va pas être notre sujet principal. En tout cas pas tout de suite. Je dois d’abord savoir si ça vaut vraiment la peine. »

La fumée sortait de sa bouche alors qu’il parlait, détendu. La cigarette était agréable mais un peu trop sucrée pour son goût.

« En fait, Mr. Le Garçon Malade, je voudrais d’abord savoir comment tu gagnes ta vie. »

Question piège. Mais pour Kiefer c’était impératif de savoir. Il cherchait un homme de confiance, quelqu’un qui oserait répondre sans détours, mais aussi quelqu’un d’utile. Il n’avait que faire d’un bon samaritain qui se serait juste occupé de la camée par bonté d’âme. Par contre si il s’agissait de son revendeur, et qu’il avait une petite clientèle d’habitués, ça pouvait l’intéresser.

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Sick Boy
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Lun 21 Jan - 20:52

[Hrp : ne t'excuse pas je fait pas mieux...]

La plupart du temps, losque quelqu'un est connu, il en est plutôt fier. Sauf si ce qui lui donne une si grande réputation préférerait être gardé secret. Devant le regard suspicieux de Kiefer lançé au barman, le dealer conclut qu'il n'avait pas fait fortune grâce à l'honnête vente de petites fleurs. Ou alors celle avec lesquelles on fait l'opium à la rigueur.

Par contre, inviter quelqu'un à boire sans oser toucher à quoi que ce soit de son côté était des plus étranges, voire même inquiétant. Sick Boy arqua un sourcil lorsque son mécène renvoya la serveuse. Lui avait il ordonné de mettre une quelconque cochonnerie dans son whisky ? Bah, si c'était le cas, monsieur l'empoisonneur allait être déçu; le pouvoir du dealer suffirait à le guerir en quelques dizaines de minutes. Il aurait à la rigueur un peu mal au ventre et au pire un p'tit vomi. Enfin.....s'il y a vraiment du poison dans le verre. Il decida de faire confiance à Kiefer mais garda tout de même l'idée dans un coin de sa tête.

Il recupéra le briquet envoyé par Kiefer, l'observa un instant, puis alluma sa propre cigarette [hrp: qui était déjà allumé mais pour éviter de te mettre un vent on va dire qu'il ne s'est rien passé ^^].

« Bel objet » concéda t-il en connaisseur en le rendant à son propriétaire.

Il apprécia deux secondes la nicotine qui lui chatouillait les neurones et haussa les sourcils avec un petit « ah ? » de surprise lorsque Kiefer préféra ne pas aborder l'argent immédiatement. Quoique, cela se comprennait, on exposait pas ses richesses sans être sur d'avoir un connaisseur en face de soit.

Il réfléchit un instant à la question, se grattant nonchalament la nuque, soupirant sa fumée.

« Comment je gagne ma vie....En investissement, je pense...En suivant la vague, je sais ce qui se vend en ce moment et se vendra les mois prochains; en surveillant la concurrence de très prés; en entrenant une clientèle fidèle, je connais les goûts et les besoins de mes habitués; avec quelques relations à l'étranger aussi, les produits exotiques s'avèrent souvent de meilleurs qualités que les arcticles locaux..... »

Il resta silencieux un instant, les yeux perdus dans les volutes de fumées. Puis il parut satisfait de sa prestation et conclut.

« Bref, je m'occupe de mes bénéfices comme tout commerçant honnête. Dois je préciser que la valeur ajoutée est plutôt fructueuse ? Elle est d'ailleurs réinvestie dans de plus grosses...commandes. »

Nottez qu'il n'avait pas préciser ce qu'il vendait. Mais de toutes façons, la présence de la camée 5 minutes plus tôt ne laissait aucun doute quant à la nature de ses marchandises.

Son whisky arriva. Il remercia la serveuse qui se remit à rougeir, demandant en balbutiant si Kiefer était sur qu'il ne voulait rien et que le patron lui offrait la consommation.

*Gros con ! Il m'a jamais fait ce privilège, à moi...*

Le patron en question se tortillait d'un air gêné derrière son bar en priant pour que sa proposition suffise à faire passer l'éponge sur sa langue trop bien pendu.

De nature un peu tête en l'air, le dealer avala la moitié de son verre cul sec, oubliant complétement qu'il était potentiellement empoisonné. Tant pis.

Il attendit le départ de la serveuse pour ajouter :

« Et j'organise quelques fêtes un peu arrosée aussi...si jamais un jour, ça t'intéresses... Mais je doute que tu me poses des questions juste pour venir faire ton marché. »

Il le regarda dans les yeux et posa à son tour la question du jour :

« Maintenant que tu es à peu prés au courant de mes affaires, j'peux peut être savoir comment tu peux te payer des costards comme le tiens, non ? »
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Mar 22 Jan - 22:18

Spoiler:
 


Sick Boy. Pourquoi un tel surnom? Bah, Kiefer avait décidé qu’il ne poserait pas la question tout de suite, sinon il se pouvait que son interlocuteur lui demande la signification du sien, s’il avait compris que c’était un pseudonyme, et ça lui aurait déplu de lui expliquer… Surtout que ce sobriquet n’avait rien de très… Honnête… Ou bienveillant. Bref.

En tout cas le type l’écoutait, réagissait à ses phrases, l’air détendu et pas vraiment inquiet. Ou si il l’était il le cachait bien. Il avait bien eu un instant de doute en voyant Kiefer renvoyer la serveuse sans rien prendre, mais ça n’avait rien de malhonnête, alors le Slave n’y attacha pas d’importance et ne chercha pas à se justifier. Empochant son briquet (qui arborait, au comble du nationalisme, les emblèmes de son pays), il l’écouta répondre a sa question sur son gagne pain.

Au fur et à mesure que le jeune homme parlait, Kiefer y voyait clair. Ce mec là ne faisait pas son beurre en vendant des torchons. Déjà, il n’était pas clair et net sur un nom de métier, ce qui était un révélateur que quelquechose était à cacher. Et en plus il se noyait dans des explications pleines de sous entendus… Après, il y avait toujours la possibilité qu’il soit vendeur d’autre chose, mais il n’aurait pas traîné tout à l’heure avec une camée qu’il prenait soin de couver.

Kiefer en était certain, ce type là faisait partie de ceux qu’il cherchait à… embaucher ? Non, juste avec qui il comptait faire des affaires. Surtout qu’il avait soit la tchache, soit avait l’air de connaître son métier.

Sick Boy restait silencieux, laissant Kiefer seul avec son sourire en coin et sa clope sur laquelle il tirait de temps en temps. Le goût n’était pas mauvais, mais il avait trop l’habitude de sa marque. Son interlocuteur lui aussi tirait sur sa cigarette, mais le Slave ne se mit pas à parler tout de suite, au cas ou il aurait une dernière chose à ajouter. Et ce fut le cas.

Il allait enfin répondre quand la serveuse amena la commande. Elle était toujours aussi stressée, et malgré son offre, Kiefer la renvoya toujours du même geste agacé. C’est bon, c’est bon, pas besoin d’en faire des tonnes non plus, ils avaient tous compris que le patron lui léchait les bottes, à force de trop tourner autour du pot, ça allait finir par devenir suspect. Ca dépassait la simple déférence à un homme d’affaires influent… Il ne faudrait pas qu’il traîne trop longtemps dans le coin. Juste le temps de conclure son affaire…

Sick Boy n’avait pas attendu pour entamer son verre. Kiefer ne s’en alarma pas, et puisqu’il n’y avait en effet aucune substance dedans (en dehors de ce que le patron mettait toujours pour couper son alcool), pas de raison de le remarquer. La proposition du dealer fit rire le Slave. C’était un rire franchement amusé, pas du tout moqueur. En ce moment là, il avait l’air sympathique, ce qu’il était généralement quand tout se passait bien d’ailleurs, mais malheureusement il y avait souvent un truc qui clochait et il se voyait obligé de redresser le tir… Bref.

« Je te remercie, mais si j’ai pas mal de défauts, je n’affiche pas cette consommation là sur la liste de mes vices. »

*Ce qui te permet de comprendre que je sais très bien lire entre les lignes, Sick Boy.*

Le regardant fixement, le dealer se décida enfin à poser la question qui était obligée de tomber à un moment ou un autre… Sur le ton de la confidence, Kiefer lui répondit, en baissant un peu la voix, mais son sourire toujours accroché aux lèvres.

« Je suis chef d’entreprise, dans l’import export. Comme tu me plait bien, et que de toute façon je ne compte pas te laisser filer trop vite, je pense que je peux être un peu plus honnête avec toi que je ne le suit avec d’autres. »

Il écrasa sa cigarette terminée (rapidement, le signe du fumeur habitué vaguement compulsif) et se recula sur sa chaise, pour coller son dos contre son dossier. Pour tout dire, il commençait à trouver sa position fort peu confortable.

« Je ne te donnerais pas la liste de tout ce que je fais transiter, ce serait trop long, et un peu idiot de ma part sachant que je ne te connais pas, mais je peux te dire que ça rapporte bien plus que tes commandes habituelles, à moins que tu ne sois le génie du commerce. Je peux te dire aussi que je ne marche pas sur tes plates bandes. Je déteste tout ce qui peut faire d’un homme un légume tel que celui là. »

D’un geste du menton il désigna l’autre côté du bar. La camée n’avait pas bougé et observait ses mains, un filet de bave au bord des lèvres. Avec une moue de dégoût Kiefer reprit son explication.

« Bref. Si pour le gros de mon business mon réseau de vente est déjà en place, je ne rechigne jamais à faire entrer de nouveaux contacts dans mon carnet d’adresses. C’est toujours du donnant-donnant, tout bénef pour tout le monde, je ne cherche à entuber personne. »

D’un geste vif, Kiefer venait de passer la main à l’intérieur de sa veste. Après avoir attendu quelques secondes sans bouger, juste pour jouer avec les nerfs des personnes qui auraient eu l’idée de les regarder… Et aussi pour stresser un peu Sick Boy, il fallait l’avouer, sa main ressortit alors qu’il tenait entre deux de ses grands doigts tatoués un morceau de carton rectangulaire. Le papier cartonné blanc présentait quelques lignes en cyrillique, toutes traduites en anglais juste en dessous. Il n’y avait aucun titre, aucun nom, juste un sigle et une adresse de building dans le quartier Nord. Le genre de carte qui ne laisse pas de trace de celui qui l’a donnée, et qui pouvait avoir été ramassée dans n’importe quel point de vente.

« Si tu veux te payer un petite collection de costars comme le mien, comme tu le dis, alors je t’invite à venir à cette adresse, ce soir, si tu n’as rien d’autre à faire, juste avant le couvre feu. Je te donnerais plus de détails sur ce que je te propose. Qu’en dis-tu, Sick Boy ? »

Sa façon de prononcer ce nom, avec son accent, était presque amusante. Il faisait un peu trop claquer la fin du premier mot et traînait trop sur la fin du second. Toujours assis, il attendait une réponse. Deux solutions possibles : soit Sick Boy venait, ce qui prouvait qu’il en avait dans le pantalon mais aussi dans la caboche, tout en montrant qu’il était prêt à prendre des risques, soit il ne venait pas… Et dans ce cas là il faudrait le rattraper. C’était malheureux pour lui, mais Kiefer n’envisageait pas de le lacher. De loin, la proposition n’avait rien de très alarmant : le Slave était un peu direct mais aimable, et le building était chic et faisait un bel effet… Restait à savoir si Sick Boy avait un instinct du danger très poussé ou pas.
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MessageSujet: Re: Piqûre de rappel   Sam 26 Jan - 16:31

Le type avait deviné de quoi était composé le fond de commerce de Sick Boy. Bravo, belle performance, mais c’était facile. Le dealer était entré dans le bar avec une seringue dans une main et une fille qui marchait en zig zag dans l’autre. On fait difficilement plus clair. Cependant, parler de drogue et d’illégalité de manière franche et directe faisait perdre à l’affaire tout son côté secret et dangereux. Pour ce sujet, le sous entendus était toujours plus amusant et surtout, adéquat.

Il aurait préféré discuter avec un passionné d’hallucinogène plutôt qu’avec un type qui s’en méfiait, mais tant pis. Il devait surement avoir quelques connaissances théoriques sur le sujet, cela suffirait. Lorsque l’offre sur les fêtes fut déclinée, Sick Boy hésita un moment à préciser qu’il y avait aussi des filles mais finalement, il n’insista pas, et la conversation retourna sur la profession.

Un chef d’entreprise dans l’import/export qui n’avait pas tellement l’habitude d’être honnête avec tout le monde ? Tiens, tiens…Mais ça sentait la pègre à plein nez, tout ça…Pendant un instant, Sick Boy sentie monter en lui la crainte d’un nouveau concurrent difficile à écraser. Ses craintes s’estompèrent aussitôt lorsque Kiefer le rassurant quant à la nature de ses produits. Son dégoût pour la drogue le laissa indifférent. Libre à lui de détester le bonheur éphémère, certains ne voulaient pas payer le prix pour accéder au paradis, c’était les types prudents.

Bref, je m’éloigne. La proposition de la coopération tomba. C’était évident, il l’attendait celle là…Il se demandait juste quels intérêts chacun trouverait dans ce genre d’arrangement. Kiefer avait surement son idée. Qu’il ne cherche à entuber personne n’était pas certains, ça c’était lui qui le disait. Mais le dealer avait réussi à se sortir de situations tellement farfelues qu’il comptait sur sa bonne étoile pour l’aider en cas de pépin.

La main de Kiefer s’attarda une seconde de trop dans son veston. Que cherchait il ? La tension monta d’un coup, mais Sick Boy ne laissa rien paraître. En cas de pépin, il serait assez rapide pour pouvoir protéger les parties vitales de sont corps et encaissé un coup de feu ou de couteau. Ça ferait mal, mais il guérirait de toutes façons. Il retint son souffle pendant deux petites secondes, la temps que Kiefer laisse apparaître ce qu’il avait dans la main. Une carte de visite. Sick Boy recracha un nuage de fumée de cigarette, masquant un soupir de soulagement. Il avait réussi son coup bien joué. Le petit sourire du slave montrait bien qu’il était content de son petit effet. Sick Boy le lui rendit en guise de félicitation. Il saisit la carte entre deux doigts et observa le sigle et l’adresse imprimés dessus tout en écoutant les dernières paroles de Kiefer. Une invitation ? Pourquoi pas…Il est vrai que le bar remplie d’alcooliques désœuvrés plus ou moins cupides et malhonnêtes n’était pas le meilleur endroit pour parler affaire. Mais tout cela sentait l’attrape-nigaud à plein nez…

Le fraichement rebaptisé Sek Boouille étira un sourire malicieux. Il avait le goût du risque et la perspective de pouvoir s’enrichir encore plus l’enthousiasma d’avantages. Il espérait juste que Kiefer ne joue pas sur les mots et essaye de le payer en costars. [hrp : tu m’fais pas ce coup là, hein ?!]

« Ça me parait intéressant. Alléchant même. OK, si tu préfères discuter sur ton terrain, ce que je comprend parfaitement, je viendrai. J’aurais juste aimé en savoir un peu plus dés maintenant... »


Il tira une dernière fois sur sa cigarette, écrasa le mégot dans le cendrier et repris son verre dans la main.

« Je saurai me montrer patient jusqu’à ce soir. En attendant, comment ça se fait qu’un type aussi occupé que toi ai le temps d’aller trainer dans des bars insalubres pour b.. (ses yeux se baissèrent sur le verre de vodka encore à moitié plein/vide qui trônait sur le table)…pour ne pas boire de la vodka ? »

Il était vrai que l’alcool du Devil’s Sin était de qualité plus que médiocre, il fallait juste s’habituer. D’ailleurs Sick Boy avala le reste de son mélange de whisky et d’alcool à brûler avec une légère grimace.
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