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 La vérité toute nue [libre]

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Sick Boy

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MessageSujet: La vérité toute nue [libre]   Mar 25 Jan - 12:38

"Je crois aussi qu'on confond souvent la vérité avec la réalité. Et je crois pas que c'est ça qui est intéressant, tu vois ? Parce que c'est bien de reconnaitre qu'un chose il est réel mais c'est pas ça qui est bien dans la vérité."

Ce genre de phrase un peu abstraite et vaguement philosophique était plutôt étonnante de la part d'un client en train de se faire faire une lap dance dans ce club de strip tease du centre ville. Perdu dans les ruelles de la capitale, le 3G (Go Go Girls) avait l'habitude d'ouvrir assez tôt afin que les clients qui ne possèdaient pas de laisser-passer puissent s'offrir un peu de détente avant le couvre feu. Pour l'instant, l'établissement ne comptait que deux clients. Le premier, un homme type routier quadragénaire bedonnant, un verre de whisky à la main, habillé d'une chemise bleu à moitié ouverte, admirait une danseuse sur la scène faire des acrobaties sur une barre de strip. L'homme semblait habitué à ce genre de spectacle. Il observait distraitement la fille se dénuder avec un sourire en coin, affalé dans son fauteuil en sirotant sa boisson comme quelqu'un qui regarderait un match de foot à la télé en rentrant du boulot.

Le second client était un jeune homme d'une trentaine d'année assis sur un fauteuil, cheveux noirs hirsutes, habillé d'une chemise grise foncée entièrement déboutonnée et d'un pantalon noir. Assise à califourchon sur ses genoux, un strip teaseuse s'occupait de son cas, ondulant lascivement de tout son corps dénudé. La fille semblait incarner le rôle de la petite lolita. Elle était blonde (surement décolorée), les cheveux attachés en deux charmantes couettes, des tâches de rousseurs sur le visage (surement du maquillage), et, en guise de bijou, des boucles d'oreille en forme d'étoile et un pendentif en forme de coeur (surement du toc). Elle n'avait pour vêtement qu'un petit shorty rose pâle à dentelles et froufrous ainsi qu'une paire de talons aiguilles. Sa tenue de travail, en somme. Elle continuait de se déhancher malgré le charabia que son client déblatérait, une expression d'agacement et de profonde lassitude sur le visage. Car oui, le client parlait, parlait, parlait... depuis déjà longtemps. L'homme (appelons le Sick Boy, ça lui va si bien) n'était, en vérité, pas tout à fait dans son état normal. Il avait voulu voir la vie en rose, avait pris quelques antidépresseurs un peu forts et les avait mélangé avec du speed histoire de rigoler un peu mais de ne pas s'endormir sur place. Résultat, il était détendu voir même un peu mou, mais son cerveaux tournait à plein régime. Depuis plus d'une heure il se posait des questions sans réponse et se sentait obligé de les exposer à la strip-teaseuse qui commençait franchement à en avoir ras la casquette. Au début, elle l'avait écouté mais n'avait rien compris. Souriante, elle avait ensuite fait semblant de s'intéresser tout en continuant à danser. Puis, lassée, elle s'était contentée de répondre "j'sais pas" en soupirant à chaque question métaphysique de son client. Et a présent, elle ne disait plus rien et continuait juste à sa tortiller mollement au dessus du dealer sans sourire ni entrain. Du moment qu'il continuait de cracher les billets...

"Nan mais après, la réalité, on s'en fout, on est pas obligé de dire tout le temps la réalité. Mais on nous dit quand on était des enfants qu'il faut dire la vérité. Mais c'est pour quoi faire ? Si je dis à ma copine que je l'ai triché sur elle...heu... non on dit tromper...que je l'ai trompée, et ben je vais la juste lui faire mal et la faire pleurer et rien de bien serait arrivé avec la vérité. "

Un petit accent, une syntaxe atroce, une grammaire massacrée... pas de toute, en plus d'être défoncé, le type n'était pas du coin.

"Mais c'est vrai qu'on veut toujours savoir la vérité, on veut pas croire à une chose si on sait que c'est un mensonge. C'est comme à la télé, on nous dit des trucs mais on sait que c'est pas la vérité. Et on nous dit pas les vrais choses parce que ça peut nous faire du mal. Donc en fait, quand on nous ment à la télé c'est pour qu'on soit content. Mais on sait que c'est pas vrai donc on est pas content. Peut être que si la télé savait mieux mentir, il y aurait pas de terroriste. Mais je sais pas si on serait vraiment contents..."


"Ou alors faut arrêter de regarder la télé..." marmonna la strip teaseuse qui n'avait écouté que d'une oreille.

Sick Boy poursuivit alors que la fille, lui tournant le dos, se frottait à lui d'une mannière pas du tout lascive. On n'aurait plutôt dit qu'elle se grattait le dos sur le torse du dealer (oui parce que je l'ai pas dit, mais le type est dealer). De toutes manières, elle n'essayait même plus de paraitre sexy, elle avait bien remarqué que ses efforts n'avaient eut aucun impact sur le contenu du caleçon de son client.

"Ouais mais si les terroristes ils font péter des trucs, c'est qu'ils savent qu'on dit pas la vérité et qu'ils veulent savoir. Donc on dit qu'ils sont fous, parce que sinon on sait qu'ils ont raison et on veut aussi savoir la vérité et tout le monde fait péter des trucs. Après, y en a qui savent qu'on dit pas la vérité mais ils s'en foutent parce qu'ils veulent pas savoir, mais c'est parce qu'ils sont pas courageux. Moi je fais pas péter des bombes parce que c'est pas mon pays et que j'ai pas le droit de m'en mêler. Après je sais pas trop la vérité pour les dieux et les draiochtans. Mais je crois que personne peut dire alors comment on fait pour savoir ?"

La fille se leva alors d'un bond, comme une élève qui se précipite hors d'une salle de classe après un cours très long et très ennuyeux.

"Voilà ! Ça fait 20 minutes ! Désolée chérie, c'est terminé, bye bye !"


"Attends, j'ai pas fini. Tiens, on continu encore 20 minutes"
répond le dealer en lui tendant un billet.

Cela faisait trois fois qu'il payait pour une nouvelle danse juste pour pouvoir parler encore et encore et encore. Il ne profitait même pas du spectacle, il avait juste besoin d'avoir l'impression d'être écouté. Mais cette fois ci, la strip teaseuse avait besoin d'une pause, elle n'en pouvait plus de son blabla incéssant. Sa bouche se tordit en un atroce sourire forcé et elle siffla entre ses dents.

"Tu peux garder ton argent de toutes façons c'est ma pause, désolée mon chou."

Et elle fila sans réclamer son reste. Il lui fallait absolument un verre d'alcool. Un alcool capable de la saouler plus fort que ce type là. Passant devant le vigile, elle désigna le dealer du doigts en persifflant :

"Fout le moi dehors, j'en peux plus !"

Pendant ce temps, Sick Boy essayait tant bien que mal de s'extraire de son siège. Les effets des drogues qu'il avait pris commençait à se dissipé et il avait l'impression maintenant que la gravité était deux fois plus puissantes et se sentait comme écrasé par l'attraction terreste. Le sol semblait mou sous ses pieds... aussi mou que ce qui restait de sa cervelle.

*Ouille, j'ai des courbatures aux neurones...*

Il sentit alors une main se poser sur son épaule et une voix menaçante retentit derrière lui.

"Je vais devoir vous demander de partir, monsieur."

Le jeune homme contempla le vigile de haut en bas. Ouaip non, lui, il n'avait vraiment pas envie de le payer pour une lap dance, il préférait que la fille avec les couettes reviennent. Une autre fois peut être.

"Ben c'est dommage, j'avais pas fini de discuter avec la fille...elle aurait pas un numéro de téléphone pour que je la rappelle plus tard ?"

"Je crains que non, monsieur."
répondit le type en tirant le dealer en direction de la sortie.

A l'extérieur, dans la petite ruelle étroite et déserte, le néon du 3G clignotait faiblement en émettant un léger grésillement et un chat fouillait dans une poubelle. Le soir tombait sur la ville et on entendait au loin le bourdonnement des embouteillages. La porte du club s'ouvrit à la volée et Sick boy, toujours la chemise ouverte, fut projeté à l'extérieur et s'écrasa sur le mur d'en face dans un bruit mat, faisait fuir le chat éboueurs. Le dealer endolori se retourna faiblement lança :

"Hey, j'avais une veste !"


Un blazer noir surgit depuis la porte ouverte et atterrie mollement aux pieds du dealer qui le ramassa en bougonnant, l'épousseta brièvement et l'enfila sur sa chemise toujours pas fermée. Il n'avait pas trouvé de réponse à toutes ses questions et se sentait frustré. Avec qui il pourrait bien continué son débat (bien qu'il s'agissait plus d'un monologue..) ? Avec Cédric, le patron du Devil's Sin ! Mais bien sur ! En plus, la bas, les boissons étaient moins chères et la musique bien moins pourrie. Va pour le Devil's, direction les quartiers gris ! Pour s'y rendre, Sick Boy devait prendre le bus, il se dirigea donc vers la grande rue à la recherche d'un arrêt de bus.

C'était l'heure de la sortie du bureau, et les routes étaient encombrés par les voitures qui avançaient comme des escargots. Avec de telle embouteillages, le bus ne serait surement pas là de si tôt. Tant pis, il attendrait. Il se dirigea vers un arret en vue tout en commençant enfin à reboutonner sa chemise. Le cerveaux un peu embrouillé, il avait du mal à se concentrer sur ses pas, ses questions qui ne se décidaient pas à le lâcher et les boutons qu'il fallait mettre dans le bon trou. Il n'y avait qu'une seule personne qui attendait le bus. Elle était assise sur le banc, silencieuse. Sick boy s'assit juste à côté, se concentrant sur ses derniers boutons. Une fois son labeur vestimentaire accompli, il tourna la tête vers son compagnon d'arrêt de bus et demanda sans plus de réserves :

"Dites, vous pensez qu'il faut absolument connaitre la vérité pour être heureux ?"
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Mar 25 Jan - 22:47

Encore une journée interminable à courir dans tous les sens, à s'engueuler avec l'imprimerie pour obtenir un délai supplémentaire, avec la rubrique nécrologie pour qu'elle ne mette pas de photo de corps, avec la mise en page qui avait remplacé un article sur les jardins par un article sur les nains de jardins…
Pu**** de boulot, pu**** de vie.

Il y a avait des jours comme celui ci où Christopher aurait mieux fait de resté couché, ou alors d'avoir une grippe, une bonne grippe. Avec le temps de mars qui se prenait pour une girouette, il n'aurait pas eu beaucoup de mal à se faire porter pâle… mais auprès de qui? Au dessus de lui ne restaient que les investisseurs.
Pu**** de système…

Et maintenant il devait attendre ce fichu bus.
* Les transports en commun, l'avenir de la ville mon cul ! *

Pour faire bonne mesure, et parce que lors d'une soirée on lui avait glissé une indication en ce sens en même temps qu'un bout de papier avec une jolie somme, il s'était mis à prendre le bus. Enfin seulement lorsqu'il avait le temps, en cas de rendez-vous, mieux valait se fier à ses pieds pour arriver à l'heure !

Il avait marché jusqu'à l'arrêt du bus qui lui permettrait de rentrer avant le couvre feu, car s'il parvenait à obtenir des autorisations, toujours pas de pass permanent. Un peu de chance dans une journée pourrie, l'arrêt avait un banc et était abrité ! Christopher s'assit pesamment sur le banc en soupirant et farfouilla dans ses poches à la recherche d'une éventuelle cigarette.
Pas de cigarette. La chance n'avait pas été sienne bien longtemps…
Des pas dans la rue, Chris se raidi légèrement mais ne tourna pas la tête, à cette heure ci on ne savait jamais trop qui du loup ou du chien flânait dans les rues.


Un jeune homme s'assit un peu lourdement aux côtés d'Archer, son attention focalisée toute entière sur les boutons de sa veste. Il faut dire qu'il n'avait pas l'air très frais. Il se tourna finalement vers le quinquagénaire pour lui poser abruptement une question.

- Dites, vous pensez qu'il faut absolument connaitre la vérité pour être heureux ?

Question des plus inattendue. Mais pas des moins intéressantes.
Archer se tourna vers son compagnon de banc, le dévisageant un instant. Non, il n'était pas en pleine possession de ses moyens. Mais c'était surement une raison supplémentaire pour lui répondre…

" Le bonheur passe-t-il par la vérité… "
Ce n'était pas vraiment une question, plutôt une amorce de réponse, de toute façon il aimait argumenter et les ivrognes et les drogués ont les conversations les plus passionnantes.

" Si l'on vous annonce que vos chaussures sont des imitations, serez vous plus heureux? Mais si l'on vous annonce au contraire que vous avez fait une bonne affaire serez vous vraiment heureux ou simplement content ?… Vaste sujet en vérité. "

Il termine sur ce mot avec un petit sourire en coin.
Un oeil sur sa montre lui apprend que le bus est en retard… A défaut de cigarette il aura un parleur.
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Dim 30 Jan - 11:17

Le jeune homme ne connaissait pas sa chance. Il avait obtenu une réponse immédiatement, dès la première question, sans avoir à insister, user de la politesse ou briser la glace avec son camarade de banc. Cela aurait dû agréablement le surprendre mais SIck Boy était bien trop haut au dessus des nuages pour s'étonner d'une situation inhabituelle. Il aurait très bien put pleuvoir des pastèque qu'il aurait trouvé ça normal.

Ecoutant la réponse du quinquagénaire à ses côtés, le dealer eut le réflexe idiot mais compréhensible de fixer ses chaussures avec suspicion. Il ne se souvenait d'ailleurs même plus où il les avait achetées et fut tout à coup pris d'un doute.

"Ben... maintenant que je suis plus sûr de la vérité pour mon chaussure, je me sens pas heureux. Après, si je sais la vérité plus tard et que ça me plait pas, je serais pas heureux aussi."

Mouais... c'était bien gentil de la part de l'inconnu de l'arrête de bus de répondre à sa question mais si c'est pour rendre les choses encore plus compliqués.... et faire douter Sick Boy de l'honnêteté de son marchand de chaussure. Le jeune homme marqua un silence, les yeux perdus dans le vide, les sourcils légèrement froncés. Il cherchait ses mots. La conversation aurait été bien plus facile en Londonien, il était même sûr qu'il aurait déjà résolu son problème s'ils avaient discuté dans la bonne langue !
Pour se donner du courage, il sorti une cigarette et la coinça entre ses lèvres avant de tendre son paquet à l'inconnu, d'une part parce qu'il avait pris l'habitude de partager son tabac et d'autre part parce qu'il existe une sorte de lien psychique entre fumeur qui permet de ressentir par empathie lorsque l'un d'eux est en manque de nicotine. Le dealer alluma sa cigarette, tira quelques bouffées puis reprit la parole :

"Mais vous, vous me parlez pas de bonheur. Plutôt de satisfaction, non ? Bien sur je serais content de faire une affaire avec mon chaussure mais ça rend pas heureux tout la vie."

Il s'apprêta à tirer une nouvelle bouffée lorsqu'une nouvelle idée jaillit dans son esprit. Il ne pris même pas le temps d'avaler sa fumée et lança, fier de sa trouvaille :

" Mais même si la vérité me plait pas je me sentirais satisfait de savoir ! Mais je sais pas si être satisfait c'est être heureux...Et puis si les gens sont satisfaits avec des choses qui leur plaisent pas, ils sont un peu masochist...je sais pas si ça se dit dans votre langue... Mais dans votre pays, les gens se battent parce qu'ils veulent savoir la vérité et être satisfait ou bien pas savoir pour pas risque être malheureux."

D'ordinaire, lorsqu'il avait autant de mal à s'exprimer en Linéen, il prenait le temps de chercher ses mots, de se corriger ou de demander à son interlocuteur s'il avait saisi, mais là, les idées naissaient dans sa boîte crânienne et sortait de sa bouche dans la même seconde. Et ça faisait des bébés bien laids et mal foutus. Si ça se trouve, l'homme du banc n'avait rien compris...où cela l'ennuyait profondément et il était pressé de voir le bus arriver. On a tous déjà ressentie se sentiment lorsqu'une personne bizarre tente d'engager la conversation dans les lieux publics. Mais le meilleur moyen de faire taire le dealer c'était encore de donner une réponse à ses questions. D'ailleurs en voilà une :

"Et vous, vous faites partie des gens qui veulent être satisfait ou ceux qui ont peur d'être malheureux ?"
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Mar 1 Fév - 16:02

Faut-il absolument connaitre la vérité pour être heureux.
Mais quelle idée lui était donc passée par la tête pour qu'il réponde à se jeune homme sur un sujet philosophique pareil ! Il n'y avait pas de réponse à cette question… ou plutôt elles sont infinies, propre à chacun.

Il n'y avait qu'à voir où la vérité avait mené sa femme… directement dans les limbes !

* La vérité est un merdier dangereux *
Mais il n'allait certainement pas lancer ça à son compagnon de bus, cela aurait semblé bien trop pessimiste comme raisonnement ! Peut-être devrait-il conseiller au jeune-homme de prier Sophine pour obtenir une réponse… ou pas. Après tout dans la période actuelle, les Dieux étaient particulièrement discrets, pour ne pas dire qu'ils laissaient les Crakéens pourrir dans leur misère.

Mais de toute façon son compagnon de réflexion semblait réfléchir dans d'autres sphères qu'Archer, puisqu'il se mettait à parler de chaussures… Dommage, un peu moins mur, il aurait sûrement été un bon compagnon de philosophie.
Mais à paroles embrumées bon coeur, puisqu'il lui offrait sa petite drogue personnelle.

Archer remercia le garçon d'un hochement de tête et prit de deux doigts ce qu'il cherchait plus tôt. De la nicotine.
En parlant de nicotine, voilà un produit pour lequel mieux valait oublier la vérité, sous peine de dépression immuable.

" Vous n'êtes pas du coin."
Lança-t-il soudain, plus une évidence qu'une question, vu les massacres grammaticales de son voisin de banc. Il alluma sa cigarette avec un vieux briquet en ions et profita du bien-être que cette fumée âcre lui procurait tout en écoutant les yeux fermés, l'aboutissement de la réflexion du jeune homme.

Se passant une main dans des cheveux qui auraient appréciés un bon coup de peigne il répondit d'un ton las à l'étranger.

" Les gens ont parfois peur de la vérité, sans pour autant se complaire de leur ignorance. Ici des gens se battent pour leurs idées, qu'ils estiment être la vérité ; alors que d'autres se battent pour le pouvoir, et tentent d'écrire la vérité. "
Il eut un petit sourire en coin. Si cet homme n'était pas si volatil qu'il en avait l'air, il aurait à répondre de cette dernière phrase pour le moins transparente ! Et il ne pouvait plus se le permettre… vu son nouveau statut chez les résistants ! Mais bon, il avait dit 'la' vérité, et pas 'leur' vérité ; ce qui aurait été plus juste, mais aussi plus audacieux, donc dangereux.

" Pour moi… pour moi la vérité n'est pas toujours satisfaisante, et j'ai connu bien assez de malheurs pour avoir peur d'être malheureux. Je serai peut être énervé, mais pas vraiment malheureux si je découvre que la vérité n'est pas telle que je m'attendais à ce qu'elle soit ! "

Il rit, un rire sombre, à ces derniers mots. Après tout sa nouvelle philosophie était de ne plus s'attacher. Ainsi même une vérité majeure ne pourrait-elle plus vraiment briser quoi que se soit en lui. A part si le Réseau s'avérait être tenu par l'Empire… mais dans ce cas c'est la colère qui l'emporterait sur le malheur.

" Et vous, êtes vous satisfait d'être ici ? Que pensez vous de cette… ville ? "
Ville, citadelle fortifiée qui empêche de sortir plus que d'entrée aurait été un peu trop révélateur…
Un demi sourire passa sur le visage du quinquagénaire le temps d'un battement de cils.
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Sick Boy

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Jeu 3 Fév - 14:04

Avec le temps et la fraicheur du soir, les drogues que sick boy avait absorbée commençait tout doucement à se dissiper. Il se rendait compte qu'il était en train de redescendre, comme dans un rêve, quand on s'apprête à se réveiller et qu'on se dit « ah tiens, c'est vrai, je suis en train de rêver ». Et ben c'était pareil pour Sicky : « ah tiens c'est vrai, je plane. » Petit à petit, il réfléchissait mieux à la situation, à l'absurdité de ses propos, au fait qu'il était peut être ridicule et qu'il ennuyait son voisin. Bah, tant pis. Ce serait pas la première fois qu'il était ridicule et ennuyeux.

L'homme assis à ses côtés lui répondit, donnant sa propre opinion dans un liéen parfait. Mais il était né ici, lui, le sale tricheur. La réponse paraissait claire et pourtant le dealer avait du mal à saisir. Au lieu de se précipiter à nouveau dans son monologue, il prit le temps d'essayer de comprendre. Le front plissé par la concentration, tout son visage transpirait l'effort. Lorsque le silence commença à sous-entendre que Sick Boy était un demeuré, il finit part ouvrir la bouche et mentit :

« Oui, je crois que je comprendre. »


Il garda cependant ces paroles sous le coude pour plus tard, quand il serait complétement redescendu. Surtout ce truc sur le fait d'être énervé. Lui ne se mettait jamais en colère, il avait presque oublié ce que c'était, comment il était dans ces moments là. Son cœur lui rappelait juste que c'était bien moins douloureux que d'être triste. Peut être qu'il devrait se mettre en colère plus souvent. Alors qu'il réfléchissait tout seul, son voisin lui posa une question qu'on poserait à un touriste, excepté qu'on ressentait comme un sarcasme dans sa voix. Le dealer tourna vers lui des yeux légèrement surpris. Il avait ressentit de l'adoration comme de la vive hostilité quant à Linéa mais surtout de la part des camés, petits terroristes ou prolétaire qui aimait râler devant son verre de rouge. Il ne s'était jamais rendu compte que le malaise touchait autant de classes sociales différentes; parce qu'il avait beau fumer volontiers et être mal coiffé, ce type était correctement habillé et visiblement instruit.

Sick Boy se gratta la tête, cherchant une réponse qui serait sincère tout en lui évitant de passer pour un hors la loi (ce qu'il était..).

« Huuum...C'est plutôt joli quelques endroits... Je sais que vous aimez beaucoup la religion alors y a des statues partout et c'est bien. Mais les gens... ils veulent tout le temps bien faire comme on leur dit. On a l'impression qu'ils ont peur de faire pas bien... »

Le côté de touriste n'avait pas fait long feu... Il aurait put s'étaler un peu plus sur l'architecture, les lieux à visiter, la gastronomie, mais non. Il avait perçu le sarcasme dans la question de son interlocuteur et avait foncé tête la première.

« Vos dirigeants disent qu'ils vous protègent, mais c'est quoi le danger, en fait ? In Lonmondland, on a pas autant de police partout et on a le droit d'être dehors la nuit et pourtant il y a moins de bombes qui explosent. »

Il sentait toujours cette histoire de vérité qui s'apprêtait à revenir sur le tapis. L'Histoire avait déjà prouvé que le schéma peur + politique ultra sécuritaire + ségrégation d'un peuple = mensonge et dictature. Depuis qu'il était arrivé à Linéa, il avait souvent entendu des gens accuser le gouvernement de mensonge, mais était ce un sentiment générale ou seulement quelques personnes ? Après tout, les gens continuaient bien à vivre à peu près normalement même sous le joug de William II...

« J'ai jamais beaucoup parlé de ça parce qu'ici est pas mon pays et que ça me regarde pas. Mais j'ai l'impression que vous pensez qu'ici, on dit pas la vérité. Est ce que c'est pour pas que les gens sont malheureux ? Ou c'est autre chose ? »

Voilà qu'on partait sur du politique, mais avec cette histoire de vérité et vue la conjoncture actuelle, on était obligé de passer par cette case là.
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Mar 8 Fév - 9:35

Mais pourquoi diable avait-il fallu qu'il ouvre son bec... Lui qui était pourtant le plus réfléchi et le plus attentif ! Et bien pas cette fois... Cette fois il avait mis les pieds pile là où il ne fallait pas. Il avait clairement sous-entendu... dit, que cette ville suintait la peur de se faire alpager par le pouvoir à tout moment.
Il aurait vraiment mieux fait de rester coucher aujourd'hui, cela lui aurait éviter les emerdements au boulot, les mots dangereux de s'échapper de ses lèvres... Mais d'un autre côté le garçon auquel il avait livré un bout de ses pensées n'était d'une pas très sobre, et de deux pas du coin. Et c'était difficile à feindre, un accent aussi dérangé !

Lonmondland, Archer en avait déjà entendu parlé, et certainement eu un très vague aperçu en cours d'histoire... Mais tout cela lui paraissait bien loin maintenant, maintenant seul la volonté de sauver son propre pays l'importait, plus que la géographie des pays environnant.

Le monologue décousu de l'étranger qui peinait un peu à mettre ses idées en linéen, quoique cela allait en s'améliorant, laissait le temps à Archer de trouver un moyen de se sortir de cette conversation impossible... Ah! La religion, voilà qui était moins glissant que le régime.

" La religion est effectivement très importante ici, ce sont les Dieux qui sont à l'Origine ; ils sont nos guides au quotidien. "
Il se gratte un instant les cheveux, cherchant de quelle façon poursuivre sans retomber dans une conversation trop risquée.

" Les gens sont malheureux car beaucoup de choses on changées sous notre Empereur, sans que l'on ne soit vraiment convaincu que les nouvelles règles son en accord avec la volonté des Dieux. "

Difficile d'expliquer le climat actuel sans prendre position. Archer fit donc le choix de s'arrêter là, il s'était déjà bien assez dévoilé sur le sujet du régime !... Enfin il pouvait encore ajouter un dernier petit truc qui lui trottait dans la tête.
Chris fit quelques ronds de fumée, jeta un oeil à sa cigarette qui était déjà à moitié consumée.

" Finalement toute la question est de savoir dans quelle mesure l'Empereur est le représentant de nos divinités. Comme la majorité a accepté qu'il est leur voix, le reste de la population a suivi cette croyance, et nous respectons ses commandements...
Dans votre pays n'y a-t-il pas une religion comme ici ? "


Bien sur Archer concevait et savait qu'il était d'autres croyances, d'ailleurs lui-même n'était pas un fervent serviteur des Dieux.
D'ailleurs la vérité, la religion... revenait la question éternelle, mais peu apprécier par ici, de savoir si les Dieux n'étaient pas simplement une invention humaine pour expliquer l'inexplicable... Pour Archer la religion permettait d'expliquer la magie de l'existence des Dariochan, sans pour autant être à l'origine de tout. La mort qui l'entourait étant clairement à l'origine de sa foi en baisse.

D'un coup d'oeil il vu l'heure et se demanda s'il n'allait pas rentrer à pied si le bus ne décidait pas à se montrer. Il se disait aussi qu'il était temps d'aller voir les gradés histoire d'en savoir un peu plus sur l'avancée de l'enquête sur l'accident de métro. Peut-être le sujet de son prochain papier... ou juste un encart.
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Lun 21 Fév - 12:10

Les paroles de l'homme semblaient empruntes d'une foi sincère. Cette spiritualité qu'on retrouvait dans beaucoup de citoyens de Linéa avait toujours étonné Sick Boy. Il fallait bien l'avouer, lui, n'était pas croyant. Avec toute la meilleur volonté du monde, il aurait toujours l'impression de parler dans le vide s'il se mettait à prier. Et puis, se tenir à carreaux sur terre pour pouvoir réserver son ticket pour le paradis, c'était à ses yeux une idée.... assez triste. Comme promettre des cadeaux à un enfants pendant les fêtes s'il promet d'être sage. Le paradis, l'extase, la plénitude... il arrivait déjà à atteindre ces états pendant sa vie terrestre grâce à quelques petits artifices, alors pourquoi attendre la fin d'une vie ennuyeuse ?

De plus, Monsieur le Compagnon de Banc d'Arret de Bus (qu'on appelera CBAB pour plus de commodité) sous entendait clairement que beaucoup de citoyens étaient déçu par l'Empereur. Le dealer avait déjà entendu ce genre de discours. Souvent, le fait que William II ait soit disant été choisi par les dieux suffisait à rabattre le caquet des plus fervents fidèles, mais les plus sceptiques boudaient toujours. Sick Boy tourna la tête et toisa son interlocuteur. Alors, boudeur sceptique, hein ? Il étira un sourire et répondit à la dernier question en date :

« Dans mon pays on a choix...
 , dit il, marquant un silence qui voulait tout dire avant de poursuivre. Le plus des gens croient pareil qu'ici, mais j'ai vu que dans votre pays, si quelqu'un croit pas, les gens le rejettent. Chez moi, on s'en fout, on croit ce qu'on veut. »

Il évita de préciser que lui même ne croyait pas, même si cela se remarquait dans ses paroles. Il continua :

« Et pour nous, les gens qui sont pas pareils, vous dites Draiochtans, chez nous c'est Draiochi, c'est pas des gens qui sont comme les dieux, c'est juste comme ça, comme la couleur des cheveux, y a pas d'explication. Mais, ils sont pas aimés dans mon pays parce qu'ils sont dangereux parfois et que les gens sont peur. »

Sa tête tournait encore un peu et il se sentait toujours aussi ramolli, mais ses idées devenaient plus claires, petit à petit. La conversation surement. Ça le changeait de son monologue avec la strip teaseuse excédée.

Il repensa à son propre pouvoir. Peu de gens étaient au courant, il avait toujours su se montrer discret. Par prudence, il préférait ne pas trop faire étalage de ses capacités, surtout maintenant qu'il vivait à Linéa. Dealer, draiochtan, émigré clandestins... il avait bien des raisons de se faire arrêter ! Heureusement que Carképolis était une ville immense et extrêmement peuplée, il arrivait à se fondre dans la masse et a berner les policiers avec de faux passeports. Sur le sien, il portait le doux nom de George Killian et avait un permis de séjour d'encore 2 mois et demi. Il faudra qu'il fasse rechanger la date passé ce délais. Jusque là, le type qui lui fabriquait ses faux papiers avait toujours accomplie un travail d'orfèvre. Espérons qu'il ne se fasse pas non plus attraper...

Et pendant que les deux hommes papotaient et que le bus n'arrivait toujours pas, le soir tombait petit à petit. La circulation devait surement être génées par d'éventuels travaux pour avancer avec une telle lenteur. Espérons que les autorités restent indulgentes.

[HRP : vraiment désolée pour le temps de réponse et pour le peu de contenu de mon post, j'étais vraiment pas inspiré. D'ailleurs, pour éviter de s'enfoncer trop dans un rp blabla et pour pimenter un peu l'action, je vais essayé de voir avec Patoche pour envoyer un PNJ, si ça ne te dérange pas.]
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Revolution

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Lun 28 Fév - 14:48

Dirlala !
Il est d’une apparence négligé, ce bonhomme, là-bas. Le cheveu gris, encore parsemé de noir, la barbe mal rasée datant sans doute de plusieurs jours, il doit avoir un peu plus de la cinquantaine… Mais ce n’est pas sûr. La misère fait souvent paraître plus vieux que l’on est. La crasse couvre son cou, et laisse de longues traces, sur son visage. L’homme vit dans les ruelles depuis plusieurs mois, si l’on en croit son aspect négligé, les lambeaux qui le couvrent avec plus ou moins de succès et la bouteille de vin de table à moitié vide qu’il brandit à la main. Une odeur de sueur, de crasse et de vinasse émane de lui, ce qui n’évoque pas forcément la confiance. Ce type de personnes, miséreuses, sont souvent prêtes à tout pour quelques sous.
Pour plus de commodité, appelons donc notre nouvel ami Gidéon.

Gidéon fouillait les poubelles, à la recherche de quelque chose de pas trop périmé qu’il pourrait se mettre sous la dent. Il avançait, ainsi, s’approchant peu à peu de l’arrêt de bus. Il faisait pas mal de bruit, dans sa poubelle, et on pourrait croire qu’il n’entendait rien… Que nenni ! Détrompez-vous, car Gidéon est malin !
Gidéon a compris – bon, d’accord, il ne faut pas être une flèche pour ça – que l’un des hommes, à l’arrêt de bus, est un étranger ! Et avec l’autre, ils tiennent des propos contre l’Empire… Il attend d’en avoir entendu suffisamment, et se met à ricaner comme un dément, avant de s’enfuir en criant.

« Bwahahah ! Traîtres à l’Empire, traîtres à l’Empire ! »

Et il courait… Et ses cris finirent par alerter une patrouille, qui passait par là. Ce qui sembla en être le dirigeant – de la patrouille – observa Gidéon d’un air dédaigneux, mais fit tout de même son travail.

« Des traîtres ? Où, vieil homme ? 
- À l’arrêt de bus ! cria ce dernier, en pointant Sick Boy et Christopher du doigt. L’un est un étranger, il a sans doute pas de papiers ! Traîtres, traaaaîtres ! »

La patrouille, accompagnée de clochard, s’approcha des deux hommes désignés – manque de bol, pile au moment où le bus arrivait.

« Papiers, messieurs, s’il vous plaît. » fit celui qui semblait être le chef, d’un ton sec et autoritaire.

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Lun 7 Mar - 10:55

Le choix... Le choix n'apparaissait à Christopher que comme une illusion. Illusion donnée par les autres, car une réponse était attendue ; illusion donnée par les évènements alors qu'il ne croyait ni au hasard ni à la fatalité, mais bien qu'il existait quelque part une entité qui avait décidée des grands traits de l'histoire. Quelqu'un là haut tirait les ficelles. Mais pas toutes, seulement les plus grosses, les plus fines étaient plutôt laissées au traitement d'une intelligence artificielle reproduisant le schéma global.
Décidément ce pseudo débat philosophique sur la vérité ne faisait ressortir que des idées noires !

" Le rejet des autres est dicté par la peur je pense. La peur d'être à son tour jugé comme différent, donc d'être mis au banc de la société. C'est un climat pour le moins tendu, mais pour autant les gens ne sont pas… malheureux "

Non, les gens n'étaient pas malheureux, ils étaient faibles et soumis ; ils étaient las de se battre contre une force qui venait de l'intérieur, ils étaient blasés.
La suite du discours du jeune homme intéressa vivement Archer, un pays de tolérance envers les Draiochtans lui avait toujours paru pour le moins imaginaire. Certes il en avait entendu parler, mais il se retenait toujours de trop y croire. Le combat des Twilight était réel, et semblait par ces témoignages de pays libérées, être réalisable… Mais cela ne se ferait pas en une nuit, à moins de ne passer la nuit à massacrer tous les hauts fonctionnaires… et l'Empereur.
Une folie meurtrière qui ne serait que le début d'une vraisemblable guerre civil.

" Finalement ce n'est pas si différent… Je veux dire, chez vous comme chez nous les gens on peur des Draiochtans ou Draiochi, seulement chez nous le pouvoir tente d'amoindrir cette peur en désignant ceux qui son considérés comme 'à risque'. "
Mais alors qu'il dit cela, Archer réalise que la vraie différence, c'est que dans le pays du garçon les gens se retournent systématiquement, alors qu'ici ils se détournent de ceux qui portent la marque.

Le quinquagénaire regarda encore sa montre et soupira, il allait devoir rentrer à pied s'il voulait arriver chez lui avant le couvre-feu.
Il s'apprêtait d'ailleurs à partager cette réflexion, bien moins engagée à son compagnon de banc, lorsqu'un énergumène sorti d'une poubelle comme un diable de sa boite.

Archer lâcha un juron qui n'avait rien de convenable, et lança un regard noir en direction du fou. Vu le nombre de patrouille, rien ne servait de prendre ses jambes à son cou. Il jeta un regard à son compagnon et lui lança sur un débit rapide mes clair quelques mots.

" Je bosse pour un journal, je vous interrogeait sur votre vision de l'attentat, vous trouviez ça affreux de commettre un acte pareil au nom cause sans fondement "

En espérant qu'il était bien en voie de rémission, et qu'il accepterait cette version en cas d'interrogatoire.
Une patrouille arriva alors, et le chef de la section interpella les 'traitres'.

Archer sourit platement aux uniformes et farfouilla à la recherche de son portefeuille, pour tendre ses papiers à celui qui s'était exprimé, accompagné d'un :
" Bien le bonsoir messieurs "
Dénué de tout sentiment.


(HRP : désolé du temps, rien ne me venait =S )
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Mar 8 Mar - 16:06

La cigarette de Sick Boy arrivait tout doucement à sa fin. Il ne tirait presque plus dessus, la gardant juste coincée entre ses lèvres, tout en écoutant Archer parler. Il avait d’ailleurs du mal à le suivre, il utilisait beaucoup de mots qu’il ne connaissait pas. De plus, la syntaxe en lomondien n’étant pas la même, Sick Boy devait retourner les phrases dans sa tête pour en capter le sens. La concentration dessina une ride sur son front à mesure qu’il perdait le fil. « le pouvoir tente d'amoindrir cette peur en désignant ceux qui son considérés comme 'à risque'. " Il n’avait pas compris chaque mot mais, en regroupant ce que d’autres linéens lui avaient déjà expliqué, il en capta le sens après quelques secondes d’intense réflexion. Ne sachant trop quoi répondre, il haussa des épaules mais un clochard vint prendre la parole à sa place. « Traitre à l’empire ». Sick Boy fronça les sourcils. Il ne connaissait pas le mot « traitre » mais vu la réaction du type, ça n’avait pas l’air d’être un mot d’amour. Le dealer se leva du banc et observa le sdf courir jusqu’à une patrouille et pointer l’arret de bus du doigt.

Le jeune homme lâcha un juron en lomondien qui fut couvert par une autre grossiéreté émise par son CBAB, en linéen cette fois. Le dealer se tourna vers Archer, étonné par cette réaction de coupable. Il n’eut pas le temps de lui poser la moindre question, et pourtant il aurait aimé en poser… « c’est quoi « traitre » ? Qu’est ce que vous avez à vous reprocher, vous ? Est-ce que notre conversation suffit à nous envoyer en prison ? Est-ce que ça se voit que je suis défoncé ? » A défaut d’obtenir des réponses aux questions qu’il n’avait pas pu prononcer, il eut plusieurs consignes. Alors, « bosse pour un journal » : pigé. « interrogeait…attentat… » : à peu près compris. « trouviez ça affreux …acte pareil…» heu…c’est ce que j’suis censé dire ? Ben ok… « au nom d’une cause sans fondement. » heu…what ?

Le dealer ne savait pas trop s’il pouvait faire confiance au journaliste, mais dans l’état où il était et devant la gravité de la situation, il n’avait pas trop le choix. Imitant son compagnon d'infortune, il se muni de son portefeuille et en sortit son faux passeport lomondien. Il en profita pour jeter un oeil au clochard cafteur qui ricannait un peu plus loin. Il n'avait pas le souvenir de l'avoir déjà croisé, en tout cas, ce n'était pas un de ceux des quartiers gris. La bas, la population dite "underground" connaissait suffisament sa réputation pour savoir qu'il ne valait mieux pas l'embêter. Le regard du dealer se fit étrangement glacial et menaçant. Le genre de regard qui dit "toi, tu vas te retrouver avec les deux genoux tout pétés dans une ruelle glauque, tu vas rien comprendre !" Puis, à l'approche des policiers, son expression redevint immédiatement chaleureuse. Préférant se la jouer innocent touriste, il adressa un signe de tête aux autorités en guise de salut et tendit son passeport ouvert. Heureusement pour Sick Boy, son pays d'origine était développé et plutôt riche. Un lomondien vivait assez bien chez lui pour ne pas avoir à émigrer clandestinement, donc normalement, les flics ne devrait pas trop fouiner. Ce n'était pas comme s'il était latveï.

Il jeta également un coup d'oeil au bus qui s'approchait. Si en plus ces imbéciles de poulets le leur faisait rater, on serait encore capable de leur reprocher de trainer dehors si tard... C'est quand même bien fichu, comme système.

[HRP : ayé fini.]
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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Sam 12 Mar - 17:54

Le bus se gara devant le petit groupe, déversant son flot de passagers, avant de repartir. Le clochard, lui, ricanait, content, sûr de lui et de la petite récompense que cette délation pourrait lui valoir. Oui, oui, oui, des sous, des sous, faits sur le dos de ces sales traîtres à l'Empire !
Le clochard ne connaissait pas Sick Boy, non. Il trainait dans le centre, là où étaient les riches susceptibles de lui glisser une piècette, pour faire la bonne action du jour – et Poline ! Il y en avait ! Donc il n'avait pas conscience du danger que risquaient ses genoux, même en croisant le regard du dealer. Non, il pensait trop à la récompense. Il pensait trop à la protection que la patrouille pouvait fournir.

Patrouille, qui, en passant, ne bronchait pas. Le chef prit les papiers d'Archer, les examinant calmement. Archer. Le rédacteur-en-chef de la Voix Légale ; un poste pareil, il n'avait probablement rien à se reprocher. Il lui rendit ses papiers, et se tourna vers l'autre. Tiens, un touriste. L'homme lève les yeux, et se montre plus scrupuleux dans l'examination du passeport de l'étranger.

« Monsieur ****, vous vous plaisez dans notre beau pays? » fit-il simplement, en continuant de parcourir le passeport. « Vous faites quoi dans la vie ?  »

Une façon comme une autre de vérifier la véracité des faits. Les accusations du clochard étaient graves, d'autant plus qu'elles impliquaient le Rédacteur-en-Chef du journal le plus lus de l'Empire ! Autrement dit, ça ne rigolait pas. Si ce type était responsable de quelque chose, à la place hiérarchique qu'il occupait, ça pouvait faire des dégâts. Aussi se tourna-t-il vers le journaliste, faux-passeport toujours dans la main.

« Puis-je vous demander ce que vous faites en compagnie de ce touriste Lomondien, M. Archer? » ajouta-t-il d'un ton neutre, malgré la suspicion qui y règnait. Après tout, qu'est-ce qui lui disait qu'il n'organisait pas une transaction d'armes clandestine, depuis la Lomondie ? C'était tordu, et digne de paranoïa, mais les patrouilles étaient entraînées à envisager tous les scénarii, même les plus tordus.

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MessageSujet: Re: La vérité toute nue [libre]   Mer 23 Mar - 16:28

Les forces de l’ordre étaient pareilles à l’idée que l’on avait d’elles : des bœufs sans cervelle, qui vous regardait d’un œil torve et pensaient, surtout, être plus malin que vous. Si tel avait effectivement été le cas, ils ne feraient pas ce job là ou tout du moins distingueraient plus aisément les dissimulateurs et autres trompeurs qui fourmillaient dans la ville.
Fourmillaient c’était bien le terme, la résistance était une fourmilière, visible comme le nez au milieu de la figure si on l’avait vue, mais dans des tons proches du paysage, donc invisible pour les néophytes.

Pour les spécimens auxquels Archer et son compagnon de banc allaient devoir improviser sans s’être vraiment consulter… Ils semblaient avoir dans le crane un peu plus que la matière de base, sans pour autant avoir de quoi inventer le fil à couper l’eau chaude.

Archer se demandait si le jeune homme avait eut le temps d’entendre tout ou partie, et de comprendre, les quelques éléments qu’il avait eu le temps de lui glisser. Il n’en eut pas la confirmation, mais aucun mot ennuyeux n’échappa au jeune planeur, ce qui était a priori de bon augure pour la suite de ce sombre épisode.
Le garçon était donc une marmotte fasse à l’alcool, il n’hibernait qu’à moitié et à la moindre alerte retrouvait toutes ses capacités réactives. En l’espèce ses capacités consistaient à jeter des regards noirs… Pourquoi pas, tant qu’il savait aussi user de sagesse et de ses poings.

Le bus s’arrêta puis reparti, sortant de ses divagations. Il se décrocha la mâchoire façon Brad Pitt dans Ocean Twelve mais se retint d’incendier tout de suite la patrouille, car un l’un des policiers venait de s’adresser à lui.

* On jouait aux cartes en attendant le bus que vous venez de nous faire louper sombres crétins ! *

« J’interrogeait ce jeune homme sur les derniers événement, l’attentat – précisa-t-il au cas où l’homme puisse imaginer on ne quelle affaire plus récente. Je prévoit d’en faire le sujet de mon prochain édito, et un point de vu extérieur est toujours… intéressant. »

Et comme si avoir raté le bus ne suffisait pas, de légers flocons épars se mirent à tomber, caprice de la météo du mois de mars.


[HRP : désolé du temps, plein de boulot pour la fac ; et c'est un peu court, pour la même raison !]
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